• Pologne: Vestimentaire, mon cher

    VESTIMENTAIRE, MON CHER WATSON


     Parallèlement à l'uniformisation obligatoire la plus stricte des citoyens exerçant leurs fonctions à la gloire de Polska Rzeczpospolita Ludowa (République Populaire de Pologne), l'influence occidentale en matière de mode percolait goutte à goutte au travers de ses tendances en s'immisçant discrètement sur le sol polonais pour donner naissance à un véritable déluge de mode vestimentaire et autre... Visible et incontournable.

    Maman en chemisier, avec une broche brillante de mille feux, de Jablonec (Jablonex S.A), une jupe droite à 5 cm. au dessus des genoux, des bas nylon, ce qui impliquait l'usage de... hmmmm ?

    Encore l'acceptation d'une suggestion paternelle ?

    Toujours coiffée* (voir ci-dessous), sac verni - contenant perpétuellement un mouchoir propre et amidonné, - assorti avec ses chaussures tchèques...

    Les dents fraîchement brossées à chaque sortie.

    Merveille ! C'était ainsi que je présumais ses sorties...

    J'étais fière de maman ...

    Et, Grace Kelly ou Doris Day ne pouvaient que prendre exemple d'une telle allure...

    A défaut de pièces originales, et suite au manque de moyens pécuniaires, les Polonais raffolaient de « clonage », « rapiéçage » et autres procédés pouvant ajouter une valeur quelconque à un objet, produit dans un pays de « notre bac à sable » comm, dont l'esthétisme restait plutôt auprès de leurs designers, nullement concernés par l'aspect final de leurs oeuvres. Ni en couleur, ni en forme et - encore pire - surtout pas en texture... (cf. « enjoliveurs de corps, aquatiques, d'origine balkanique »).

    Les dames portaient fièrement leurs casques choucrouteux d'hydrocéphales*(maman n'appréciait guerre cette remarque !), tenant par un collage moyennant des laques d'origine inconnue, et de couleur moirée, virant coloristiquement et agilement entre le mauve et le magenta, qu'on appelait kok (j'ai toujours pensé que le mot à consonance péjorative : kokota était une femme à chignon et à longues griffes vernies en rouge - tiens -, sans scrupules, capable d'enflammer n'importe quel homme désoeuvré et fragile et surtout, sans aucune défense (de sa compagne ?).

    Maman savait bien coudre, tricoter et crocheter et c'est à cela que je lui devais mes plus belles parures.

    Très jadis (je sais que c'est pas français, mais c'est beau. Oh, très oui !), les petites filles portaient des robes très courtes recouvertes d'un fartuszek à floches (cache-poussière) qui montraient le dessous de leurs dessous, soit, les culottes à élastique, et dont les bords étaient régulièrement allongés avec l'approche à l'âge nubile, c'est-à-dire de 16 ans, environ.

    Ces culottes étaient souvent garnies de dentelles crochetées tant bien que, plutôt mal, et ne tenaient que sur des élastiques (est-allemands, car ils étaient fort en mercenaires, oups, en mercerie) lesquels, après quelques marelles et sauts à la corde, montraient leur vraie nature et leur vrai visage en nous lâchant traîtreusement...

    De plus, si on s'asseyait sur une plaque de goudron fraîchement posée, la connerie textile restait figée et éternisée à jamais (on a encore récemment vu la culotte de Głupia Zośka (la "Conne") sur un muret, à l'époque à la mode, où nous nous engloutissions en grappes comme les corneilles dans « Les oiseaux » de Hitchcock - ... de Grâce...) 

    Je me demande donc, comment nous pouvions encore évoluer convenablement, si à chaque mouvement, à chaque pas ou éternuement, on devait serrer, au travers de la robette et du fartuszek, la tute tordue de cette culotte, sans cesse tombante, comme les paupières de Lauren Bacall ou d'Ava Gardner ?

    Les Est-allemands étaient-ils tous des acrobates, ou quoi !?  

    En 1970 à peu près, deux années après 1968, l'imitation des objets « in » devenait quasi impossible pour maman.

    L'arrivée foudroyante, sur le marché polonais, des « tampons OB » et des minijupes, car les filles s'émancipaient à merveille, c'était la totale !

    Ces dernières, par ailleurs, lorsqu'elles mettaient celles, les avant-dernières-ci, ravissaient curieusement mon Tygrys.

    Ma maman, ne se troublait point : elle savait toujours les confectionner... enfin, celles, avant-dernières-ci...

    Voici l'exemple : Violetta Villas (et... peu farouche...),

    http://www.youtube.com/watch?v=hugHlhmnI1M

    Moi vetements

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :