• Pologne: Val à Qui ?

    VAL A QUI ?


     

    Et cette population de « górale », si pétillants et joyeux...

    Qui étaient-ils à part  d'être agriculteurs montagnards ?

    La première différence frappante (et paf !) et visible à l'œil (à quoi d'autre ?), c'est qu'il y avaient des « Blonds » et des « Noirs ».

    Le premier groupe avait les cheveux blond dorés, les yeux verts ou bleus et le teint plutôt pâle, lequel, avec les années, virait vers « bronzé-bonne-mine », - dû à leur présence quotidienne en plein air et... aux chaudrons bouillants, abritant de bons plats du terroir et surveillés de près, - disposés sur d'immenses poêles  chauffées au bois et au charbon...

    Un autre génotype parmi les spécimens locaux possédait une chevelure épaisse de couleur noire, des yeux bleus et avait la peau très « fumée » - curieusement « basanée » (déjà à la naissance) ...

    Les « Blonds » avaient l'air d'être fortunés.

    C'étaient des gens à qui la vie souriait.

    Plutôt dodus par leur opulence, et donc, bien considérés dans le village, comme la famille nous accueillant...

    Ils occupaient stratégiquement le milieu de celui-ci et, logiquement, la proximité directe de la seule église, entièrement construite en bois de cèdre et pomponnée à merveille.

    kosciol wew 2

    On les appelaient « gazda » - les propriétaires terriens, ou bien « gadjo », donc « autres », que les « basanés » ( ?)...

    Quant aux « Fumés », moins aisés, et à la silhouette mince et élancée « inspirant pitié », ils avaient l'air de se tenir à l'écart, occupant les parties les plus éloignées du centre...

    « Dans un petit bled montagnard, où l'existence des laboureurs terriens s'avérait dure et parsemée d'obstacles, l'un d'eux, particulièrement éprouvé, se lamentait sous un chêne volumineux de ce qui était jadis son champ :

    - Cette année mon « łowies » - owies - l'avoine, - a été complètement détruite par la grêle...

    Mes « łowiecki » - owieczki

    kierdel 2

    - les brebis, - se sont faites bouffer par le  « łours » (brun)...

    Niedzwiedz 2

    (que voici...)

    La production annuelle de mes « łoscypki » -

    oscypki 2

    oscypki - les fromages de brebis, fumés, a moisi...

    (Il faut préciser que chaque mot commençant par 'o' prenait un 'ł' initial, qui se prononce comme 'w' ou 'oie'.« Łojojoj » - le cri plaintif également...).

    - Toutes mes « łoies » blanches ont été égorgées par les renards.... La foudre a détruit ma maison... Tout a brûlé... Pourtant, tous les vendredi je vais me confesser. Et je vais à toutes les messes du dimanche, par ailleurs... Même aux vêpres...

    Dis-moi, Tout Puissant : qu'est-ce que je t'ai fait pour mériter cela ?!

    Le ciel s'ouvrit et une voix grave dit :

    - Tu sais quoi, Jasiek ? C'est... C'est que je ne t'aime pas des masses... Voilà ! »

    Cette différence, - comme dans les westerns américains, au Far West où les « bons » exprimaient clairement leurs intentions et qualités, et les « pas bons », qu'une sombre nébulosité caractérielle et comportementale, - était certainement due à la migration et la « colonisation », aux XIV-XVII siècle, d'un peuple venu des Carpates Méridionales - Karpaty Południowe,

    http://www.youtube.com/watch?v=MJBfPFz2yM8

    karpaty pld 2

    de la lointaine Valachie roumaine - cette terre ensanglantée par le règne légendairement crapuleux et « hémoglobinesque » de Vlad l'Empaleur alias Draculaaaaaaa ! (Ail ! Ail ! Ail ! J'ai peur...)

    http://www.youtube.com/watch?v=AiGON4SX4oQ

    De plus...

    Les tribus migrant de cette Péninsule Balkanique n'auraient été, en majorité, que nos Roms (actuels), ayant "CD" leur nom d'origine : Tsiganes, et descendus des régions montagneuses du Tibet sur nos pleines européennes et autres...

    http://www.youtube.com/watch?v=BD2d2FDNGm4

    Sédentarisés dans le sud de la Pologne, ils avaient pris la « colorisation » chrétienne, ainsi que les mœurs et coutumes des Slaves y demeurant.

    Avec le temps, avec amour et acharnement, ils se sont génétiquement entremêlés avec la population « blonde dorée »...

    Les montagnards vivaient, entre autres, du tissage du lin et de la fabrication de toiles.

    Ainsi, aux XVIII-XIX siècle, ils s'aventuraient régulièrement jusqu'aux côtes de la mer Adriatique,

    http://www.youtube.com/watch?v=HurHtBAydHQ

     ou vers la mer Noire, pour y vendre ces toiles, destinées à la confection des voiles des bateaux.

    D'où :

    Leurs vêtements de fête comprenaient des éléments, tels que des coquillages, des dessins floraux empruntés de leurs « cousins » balkaniques, des colliers en corail - « korale »,

    korale 2

    - coûtant, encore de nos jours, une véritable fortune.

    Car, plus la fille, à l'âge nubile, était de bonne famille, aisée, plus de rangées de « korale » s'étalaient sur son poitrail gracieux...

    Remarque : après tout, les dindes portaient aussi de pareils attributs...

    indyk korale 2

    Initialement, j'étais au bord de la dépression nerveuse, lorsque les montagnards des Tatras m'adressaient la parole...

    En plus, ils étaient très loquaces et ne laissaient personne échapper à leurs plaisanteries.

    Dans leur langage de « biti-biti » et « patata et patati », dans ce patois de Karpaty (incompréhensible et imprononçable) comprenant des zestes de ce dialecte valaque, bosniaque, slovaque, hongrois, voire même Romani (issu en grande partie du Sanskrit), et fusant des diverses « kamora » - des tribus tsiganes, jadis « en voyage », - ils nous harcelaient à longueur de journée.

    Et puis, le pire arrivait lorsqu'ils présentaient, en plus, une « défaillance » dentaire très fréquente, visible et surtout audible...

    „- Heboj ze wartko chaniok ! Ruso sie jako ta jorka!

    Nie dej sie bośkać tymu dedule baciarowi... - rigolaient aux éclats les górale de notre proche entourage.

    En polonais :

    - Idź tam prędko ! Rusza się jak ta młoda owieczka. Nie daj się całować temu niedołędze i hulace !"

    En français :

    - Vas là bas en vitesse ! Elle bouge comme une jeune brebis ! Ne te laisse embrasser par ce barjot de noceur !

    De toute façon c'était évident, que leur dialecte « patchwork » d'origine, ou plutôt sans origines, et étant plus proche de tous les dialectes d'ailleurs, que du polonais, ne facilitait guère une bonne et linguistiquement correcte communication entre les górale et les cepry, ne laissant aucune chance aux allochtones assoiffés d'air pur (de la montagne...).

    « Au milieu de la nuit une voix :

    - Hanka, ou tu t'es mal lavée aujourd'hui, ou t'as pas bien fermé la porte de l'étable... - dit Jasiek »

    C'est pour cela, me semblait-il, que les montagnards des Tatras avaient surdéveloppé à l'excès leur sourire, cette sensation de bien-être ainsi que leur folklore qualifié comme le plus riche de Pologne...

    Mais petit à petit, je parvenais à les « assimiler ».

    Ma « gwara » - leur parler, s'étant sensiblement améliorée, me permettait au moins et enfin de pouvoir leur riposter également...

    Et ce que je suis en train de faire...

    Haaaaa!

       


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