• Pologne: Un-Temps-Pourri

    UN-TEMPS-POURRI...

    http://www.youtube.com/watch?v=1pSyYhRYeIM


    Aux alentours de 5 heures du matin (cette fois-ci...) des ploc, ploc, ploc... et flop  - répétitifs et de plus en plus audibles, m'avaient sorti d'un sommeil profond.

    Et 'pluie' zuuuuut !

    Il pleuvait...

    http://www.youtube.com/watch?v=qn1ybsv-0ic

    ("Preludium deszczowe" de Szopen-Chopin)

    Encore ?

    Les rafales pluvieuses se déchaînaient dans le ciel noir...

    « A l'aube un homme part à la chasse...

    Sa légitime reste, confortablement allongée dans leur lit douillet et conjugal...

    Voyant que dehors « les éléments» se déchaînent, l'homme abandonne son fusil de chasse et reprend sa place, en position de ce dernier, derrière le dos de sa femme, plus au moins endormie...

    - Qu'est-ce qu'il fait moche aujourd'hui, mon Amour, hein ? - dit la voix ensommeillée de l'épouse.

    - Pour sûr ! Et comment, ma Colombe... Il fait vraiment un temps de chien... - répond-il.

    - ... Mais, oui... Et quand  je pense, que mon crétin de mari est quand même parti chasser... »

    Les grosses gouttes glaciales tombaient à « sec » sur la corniche devant notre fenêtre (ploc, ploc, ploc...), et lorsqu'elle était pleine, quelques litres d'eau s'écrasait en bas, dans la rigole en tôle (d'où : flop !)...

    Et pourtant, hier soir, « gazda » l'avait prédit : « parce que les « Czerwone Wierchy » - les Sommets Rouges, avaient une « auréole » de nuages rouges, alors que pour nous, les « cepry » des villes, c'était plutôt le vent dominant, hélas, venant de l'ouest...

    Evidement, comme dans la plupart des cas, mon cerveau m'avait « impérativement suggéré » un passage aux toilettes.

    wychodek 2

    Je décidais donc de quitter la « doudoune » épaisse en duvet d'oie de mon « cou-couche panier » au matelas bourré de foin et, emmitouflée de quelques pièces vestimentaires (gisantes partout dans notre petite chambre), j'étais prête à affronter cet extérieur hostilement aquatique...

    Descente : sept marches.

    Tourner : encore sept marches...

    Et encore deux et...

    La porte de la « véranda » fermée à clé...

    Passage obligé par la « cuisino-salono-coin troisième âge » de notre famille d'accueil...

    Bonjour, bonjour - à gauche et à droite.

    Longer l'étable - on accélère ! - caresse obligatoire à tous les « meuh, meuh », « bêêêêê » et autre « hiiiiii », débordant de joie et de leurs boxes.

    Cześć Ciapek ! - salut Ciapek !

    owczarek podhalanski 2

    - au gros berger des Tatras, blanc et touffu, au museau et aux yeux couleur « myrtille », - attaché depuis sa plus tendre et courte jeunesse à une longue chaîne... et condamné ainsi à « n'écrire que son journal intime », sans jamais pouvoir connaître les autres « ragots et cancans » canins... Pauv'

    Pluie ou pas pluie, cette trotte matinale aux pas de course aux toilettes ne m'avait jamais 'pluie' !

    Pour passer notre temps, et surtout cesser de « tourner à vide » comme des Derviches Tourneurs... (dans notre cas - glander) - nous profitions de la présence d'une petite bibliothèque communale, - très limitée en choix - et située à l'arrière du « klubo-kawiarnia ».  

    J'y prenais les livres par ordre alphabétique des auteurs, car il était absolument inutile de chercher l'un ou l'autre titre, de toute façon manquant.

    A la lettre  « B » comme Balzac, j'avais espéré que la pluie cesse...

    Hélas, encore à « H », comme Hemingway, ça continuait encore et encore...

    Je craignais le pire en songeant à Stefan Żeromski, par « Ż » - « zet z kropką », - « zed avec point », lequel occupait la toute dernière position, aussi bien dans cette «- théque », que dans mes préférences personnelles.

    A « P », comme Prus. Bolesław... la pluie s'était enfin arrêtée...

    Et tant mieux, parce que le village préparait fiévreusement son « odpust »,  - l'indulgence de l'église catholique pour les péchés commis, accordée grâce à la souffrance de Sainte Anne et dont c'est la fête le 26 juillet.

    Sainte Anne était d'autant plus célébrée qu'elle succédait à une autre indulgence, déjà en vigueur, et due à Saint Christophe, celui du 25 juillet...

    StXtof 2

    A cette occasion, les processions de croyants se dirigeaient à l'église, en tenues de fête.

    Extraordinairement riches et belles.

    stroj goralski 2

    Les jeunes filles aux longues tresses (blondes et noires...), en chemises blanches richement brodées, et pincées autour de leurs cous garnis de « korale » rouges, et portant, avec grâce, plusieurs jupons blancs en fine dentelle, ainsi que des jupes amples en laine de cachemire à fleurs... Des paillettes multicolores, - « cekiny », et autres menues pièces brillantes apposées, en forme de « szarotka » -

    http://www.youtube.com/watch?v=E314ZXqZUmo

    l'edelweiss (ja, ja, ja...)

     

    et de « dziewięciosił » -  le chardon des alpages (« tatrages » ?) sur leurs corsets de velours...

    dziewieciosil 2

    Les hommes en chemises blanches couvertes de « cucha » ou « gunia », - une cape courte, et en pantalon blanc en laine « portki », brodé avec des motifs floraux.

    Sur les têtes des hommes, obligatoirement, un « kapelusz », - un chapeau noir, entouré d'un filet de coquillages de « kauri » (mollusque de l'Adriatique ou de la Méditerranée), avec (pour les célibataires) ou sans (pour les mariés) plume d'épervier, ainsi qu'une « ciupaga », une canne de montagnard, terminée par un morceau de métal contondant faisant office de poignée ...


    Lors de la graaaande messe de circonstance - où chacun « en avait pour ses sous », - le curé local était aux anges et aux petits soins à l'égard de ces fervents pratiquants et surtout des immigrés « haméricanisés » (chaque 'a' initial prenait le 'h' non aspiré), qui venaient spécialement des Etats-Unis d'« Hamérique » pour cette date,

     

    buick 2

     

    afin de remplir, premièrement, le panier aux offrandes sans fond, et secondairement, quelques obligations familiales.

    C'était une occasion permettant un solide rentré d'argent inodore et à la coloration à dominante verte.

    Parce que c'étaient eux, en grande majorité, qui avec leur pouvoir d'achat « vert », entretenaient la quasi totalité du village, y l'église et son curé « à panier » inclus.

    Après la messe, les « brebis » fidèles se dispersaient gaiement dans les multiples « centres d'attraction », tels les échoppes proposant leurs marchandises diverses, multicolores et fichtrement inutiles, mais parfois, au moins, comestibles...

    Ils visitaient aussi les stands de tir, dont les fusils avaient été préalablement et intentionnellement trafiqués pour qu'on ne puisse pas « décrocher » les plus beaux lots (!?), et à la limite, pour qu'on ne puisse se contenter que de fleurs en plumes de gallinacés cruellement mutilées et humiliées, et de couleur « very hard » fluo...

    « Au téléphone. Une voix à l'accent fortement étranger fait sa commande auprès d'un fabriquant de statuettes diverses :

    - Je voudrais vous passer une commande : 3500 statuettes de Lénine, 1500 statuettes de Staline, 4800 de Dubček, 2100 de Živkov, 1900 de Brejnev et 1700 de Gomułka...  

    - Bien sûr, cher monsieur... Et je vous envoie ce colis à quelle adresse ?

    - Club de Tir Sportif « Zvezda » de Brno... 

    Le Bar « Hanka », encombré (comme un nez en hiver) et proooolooooongé à l'infiniiiiii... par une terrasse (qui s'arrêtait juste devant la chaussée), vidait à toute vitesse son stock de fûts gonflés d'hectolitres de bière « Harnaś », « Żywiec » et même de la « Pilsner », provenant de nos « frérots » tchécoslovaques, à l'époque, ainsi que des casiers de bouteilles de vodka « de tous genre et origine ».

    La « Remiza strażacka », la caserne des pompiers, située à l'opposé de Kuźnia, en direction donc de Podczerwone - Chochołów, abritait la « watra », le grand feu, suivi du bal discothèque...

    Le choix de ce local était pratique, stratégique et perfidement prémédité à cause des accidents fréquents générés par cette foule en liesse collective et à liasse individuelle, et où les participants la clôturaient systématiquement au petit matin par des bagarres générales associées à l'un ou l'autre incendie...

    Et tout ce monde, y pompiers compris, n'espérait qu'une seule chose : qu'il pleuve le lendemain

    http://www.youtube.com/watch?v=DsI7lubCXuk

    pour ne pas devoir de se rendre aux champs ou pour que les petits incendies ne se transforment pas en grands...

    Et, dans cette région, ce dernier voeu dépendait de Saint Florian...

    krzyz sw floriana

    (Pssst ! Celui du 4 mai...)

         

     

     


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