• Pologne: Simples Noms

    SIMPLES NOMS...


     

     „A niechaj narodowie wżdy postronni znają, iż Polacy nie gęsi, iż swój język mają."

    "Et pour que toute nation présente dans ce monde sache que les Polonais ne sont pas des oies : ils possèdent leur propre langue..."

    Ecrivait en 1562 dans son oeuvre „Zwierzyniec" - « Animalier » - Mikołaj Rey, le premier écrivain - poète polonais, rebelle, luttant contre le seul et unique usage de la langue latine dans la littérature et le parler polonais.

    Après une longue période de « règne clérical latinisant »

    frere tuck

    et au bout de quelques années de « dolce farniente » de la « scuderia » des SSSSForza... Italia... - arrivés sur le trône polonais, - les Polonais avaient commencé enfin à « travailler » leur langue...

    "Polszczyzna" - (polchtchysna) - dur à prononcer, hein ?

    Notre Basia, alias « Gruba », venue d'une autre région de Pologne et snobant (comme tous les allochtones...) fortement notre Silésie germanisée, avait pris immédiatement possession des lieux en qualité de combattante acharnée de l'apprentissage de cette langue de manière réglementaire, et avec le bon accent et escient...  

     Remarque : Nous l'appelions « Gruba » - la « Grosse », cependant, elle n'était ni grosse ni adipeuse. C'était parce qu'elle était un exemple de toutes les proportions inimaginables d'une vraie femme, pouvant facilement attirer l'œil d'un artiste peintre ou sculpteur de jadis, ainsi que, encore plus aisément,

    yeux 2

    celui de mon « Tygrys » et tant d'autres pères qui courraient assidûment à toutes les « wywiadówki » - réunions parentales organisées mensuellement à l'école.

    Basia était simplement grande, délicieuse et sculpturalement spectaculaire... 

     

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    Elle était notre aînée d'à peine six ans, et le nom de famille et sa terminaison fraîchement acquis - « owa » - les suffixes des noms se terminant par une consonne - indiquaient son état de femme mariée...

    Les jeunes filles célibataires à terminaison - « ówna » (ouvna), comme nous toutes dans cette classe - perdaient à jamais leur nom de famille dès le premier mariage.

    Ainsi, leur parcours scolaire et professionnel s'écoulait sous les différents noms de leurs époux du « moment ».

    Et si nous prenions l'exemple d'Elizabeth Taylor, mariée une dizaine de fois, ou d'une autre « mante religieuse » en Pologne, à la fin, personne n'aurait pu savoir son vrai nom, celui qu'elle portait à la naissance - « de domo ».

    Il y a des noms à la terminaison - ski (lui), - ska (elle), - scy (eux) - pourtant simples - cependant - ô comment ! - « jurant » lors d'un recensement de population

    Jastrzębski, Wawrzyniak, Szczękalski...

    (ASSEZ !)

    Les noms des Polonais, dispersés partout dans le monde, étaient toujours considérés comme imprononçables et donc facilement coloriés - remaniés - voir : amputés.

    Chaque pays « enregistreur » ayant sa propre méthode, mais surtout, à la façon personnelle d'une quelconque « scribe administrative », ne voyant pas plus loin que le bout de ses ongles (tapageusement vernis) - pour que, des années plus tard, un nom devient tout à fait un autre...

    En classe, nous débattions alors sur les origines de divers noms de famille, et l'atmosphère y chauffait, chauffait...

    En nous munissant d'un journal « Gazeta Robotnicza » - Gazette du Peuple Ouvrier (la même servant de substitut à défaut de papier WC ou de papier emballage cadeau) nous pêchions dans les noms y apparaissant.

    Monsieur Jeleń, un cerf, mais populairement et avant tout reconnu comme « cocu ».

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    (un cocu "à ...SKI" ?)

    Et son épouse : Jeleniowa ? - la « cocufiante » ou la biche ? 

    Des noms risibles défilaient, tout en provoquant le redressement  des cheveux sur la tête (car où ailleurs ?) tels : Pierdzioch - péteur, « prouteur »... et son épouse ? Pierdziochowa ?

    (Cieux ! Je n'aurai jamais épousé un type de ce nom...).

    Et le plus succulent de ma vie - les best des best - c'était le « cas » de monsieur Jonderko.

    De « jądro » (avec 'ą' et pas 'on' - considéré comme une minable faute d'orthographe) - testicule, noyau.

    Ici même, voir un « petit testicule »...

    Auprès des francophones il serait monsieur « Testicouillet » ?

    ...

    Avec des noms pareils, parfois, il fallait fuir hors du pays d'origine.

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    Et c'est probablement pour cela, que beaucoup de Polonais au nom risible, et ne supportant plus les moments d'hilarité générale de leur entourage lors de leur présentation, se sont trouvés loin...là où ils pouvaient mener leur vie paisiblement !

    Comme ce petit Stanisław, qui avait émigré en son temps aux Etats-Unis d'Amérique pour y devenir un « crooner » - Bobby Vinton.

    http://www.youtube.com/watch?v=5E6sS21Xirs

    bobby vinton 2

    http://www.youtube.com/watch?v=T3xhr8XrMKo

     

     

    Quant à monsieur Pierdzioch, fidèle à son nom et installé depuis des années en Allemagne - et il avait intérêt ! - il prospère très bien en vendant des voitures à pot d'échappement défaillant...

    Et Monsieur Jonderko ?

    Je voudrais savoir ce qu'il en était devenu !

    J'ose espérer qu'il ne travaillait pas dans une centrale thermonucléaire étrangère...

    noyau 2

    (deux - petits noyaux...)


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