• Pologne: Si Clairs...

    SI CLAIRS...


    http://www.youtube.com/watch?v=J4YVImCvH0E

     « Długi », le caïd incontestable (mais de petite envergure) de ce gang urbain  de « chuligans » de Brynów (quartier du sud de Katowice), - semant une trouille bleue parmi les quelques « jeunes chèvres » et « menus morveux », osant s'aventurer dans son propre territoire, risquait, au pire, pour ses méfaits d'être écroué durant à peine trois mois dans le « areszt śledczy ».

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    "Terrain de prison - Entrée interdite"

    Une prison pour détention préventive à Bytom (d'aspect sordide), et la privation de liberté était renouvelable par le procureur tous les trois mois...

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    Il pouvait ensuite être jugé par le « kolegium karne » - sorte de tribunal correctionnel - tout en bénéficiant d'une brillantissime prestation « plaidoitoire » d'un conseil juridique (emmitouflé dans sa toge fortement rétrécie) comme... par exemple, Maître - Mecenas Zając (à pronocer : zayontz). 

    Mais à cette époque, dans l'agglomération de Katowice - la région comprenant 750 000 d'habitants - il y régnait déjà une psychose générale, une panique grandissante, attisée par une série de crimes perpétrés par un « serial killer », baptisé unanimement, « Wampir Zagłębia ».

    Les villes de Dąbrówka Mała, Sosnowiec, Dąbrowa Górnicza, Czeladź et Będzin  - faisant partie de Zagłębie, le Bassin d'extraction minière (une région n'appartenant pas à la Silésie) - étaient la scène de meurtres, et de quelques tentatives - au total une trentaine de femmes âgées de 16 à 57 ans.

    A défaut de la moindre information médiatique convenable et sérieuse (et si désespéramment attendue...) de la part de la Télévision, ne fusse que locale, ou de la presse, de « Wieczór », Le Soir, ou de « Trybuna Robotnicza », La Tribune des Ouvriers (nos principaux quotidiens), les habitants et les témoins directs de ces méfaits se sont mis à fantasmer, en croyant fermement à chacune des versions « en vogue » - versions amplement fabulées et contenant des « éléments croustillants » et invraisemblables, mais au moins disponibles, et « bigrement  crédibles » à cet instant...

    La série de crimes - dont le « modus operandi » restait le même : un coup à l'arrière du crâne de la victime à l'aide d'un objet contondant, les coups et blessures entraînant la mort suivis de relations sexuelles « post mortem » - avait débuté en novembre 1964, et les commérages, de plus en plus faramineux, indiquaient  que l'assassin aurait prévu de commettre mille crimes pour fêter le millénaire de la conversion de la Pologne au christianisme en 966 !   

    L'enquête piétinait depuis très longtemps en battant aussi bien le beurre que les ailes et en tâtant dans le vide...

    Pendant cinq ans environ...

    Rien d'étonnant car l'effectif policier, à cette époque, était plutôt insuffisant, tant dans ses rangs que dans les capacités intellectuelles de leurs occupants... « Surpolitisés », inadaptés et exclusivement concentrés sur les délits d'aspect politique...

    La gente féminine, enflammée et de plus en plus affolée par les bobards racontés par le voisinage direct,  - ou pas -, et divaguant sur ces meurtres, ne sortait qu'accompagnée d'hommes - membres de leur famille - lesquels se sentant enfin pleinement valorisés, assumaient à merveille ce rôle de « garde de corps ».

    Armés de « bombes » aérosols « contre les contractures musculaires » (celles qui puent la rage, le camphre...), de manches de hache en hêtre (à défaut de battes de baseball...), de couteaux (éplucheurs des patates), de fers à repasser, et même de flacons d'eau oxygénée, utilisée couramment pour désinfecter les petites blessures, ou surtout pour se déteindre les cheveux et devenir blonde..., - ils sillonnaient nos rues en prenant des allures de cow-boys, comme John Wayne, le bassin en avant, les mains sur des  « colts » inexistants,  et les jambes légèrement arquées...

    Je pense aussi que certains des ces « body guards » de fortune se foutaient éperdument du sort de leurs mégères cavalant dans l'obscurité vespérale au travers des squares et des quartiers malfamés... et ne cherchaient qu'un bon moyen de rattraper le tueur dont les gains pour la capture s'élevaient à 1 000 000 zl !

    (Et avec quoi ? Un filet à bananes dans la main ?)

    Cinq ans plus tard, lorsque la nièce d'Edward Gierek (le Ier Secrétaire de Parti Communiste), fut la vingtième victime d'un meurtre « à la signature » du « Wampir Zagłębia », l'enquête avait spectaculairement démarré dans un course-poursuite généralisé afin d'apporter « la tête » du présumé coupable.

    Les malades atteints de paranoïa, les « héros » locaux à la peau lisse, chétifs et imberbes, les « drobne pijaczki » (menus poivrots) souffrant d'un manque d'estime d'autrui à l'égard de leur personne... et toute une série « d'auteurs se manifestant » volontairement, furent passés au crible des enquêteurs assidus et zélés, car avant tout, menacés d'un limogeage plus que probable et imminent...

    Des portraits robots se succédèrent...

    Même des portraits « crachés » de quelques personnalités politiques connues dans les parages...

    La confusion la plus délirante était à son apogée.

    Les victimes ayant miraculeusement survécu passèrent des heures entières en présence de policiers et d'experts locaux spécialisés en « haute » psychologie...

    460 personnes au profil correspondant à ce tueur ont été ainsi sélectionnées.

    Et tout à fait par hasard, suite à la plainte d'une femme battue par son mari, Zdzisław Marchwicki, la police constata la présence de celui-ci comme suspect sur leur liste récemment dressée.

    Le groupe d'enquêteurs, crée spécialement en 1965 à ces fins,  et portant le nom « Anna » (prénom de la première victime) avait enfin clôturé ce dossier. En 1970.    

    Clamant leur innocence jusqu'à la fin, les trois frères, Zdzisław,

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    Jan et Henryk  Marchwicki, ainsi que quelques membres de leur famille, ont été écroués

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    et jugés pour cette série de crimes de vingt et une personnes, ainsi que de plusieurs tentatives.

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    Zdzisław et Jan, ont été condamnés à la peine capitale et exécutés (par pendaison), en avril 1977, dans un immeuble du complexe pénitencier, Areszt Śledczy, situé rue Mikołowska 10A, - près de Sąd Wojewódzki, -

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    le tribunal de « grande instance » de Katowice, construit en 1878.

    Quant à Henryk, le troisième frère - après 18 ans de prison sur les 25 de sa condamnation à la réclusion criminelle, il avait été libéré.

    Il envisageait fermement d'entamer une procédure d'appel et de réouverture du dossier...

    En vain... parce que, cinq années plus tard, il fut victime d'une chute banale - et malencontreusement fatale pour lui - dans une cage d'escalier de son immeuble...

    Le dossier d'enquête relatif à cet accident a été classé « sans suite ». 

    Jusqu'à nos jours, il reste un doute en ce qui concerne la « transparence » de cette « affaire », car il s'est avéré que la condamnation, si lourdement sévère (et l'exécution - parmi les dernières... La dernière ayant eu lieu en 1988), était auparavant non fondée et avait été prononcée sans la moindre preuve,  ni mobile apparent.

    Et sans le moindre aveu de la part de l'une ou de l'autre personne concernée...

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