• Pologne: Russeland et Ludmila

    RUSSELAND de LUDMILA


    Le choix de mes études n'avait rien de prémédité : je voulais simplement continuer l'apprentissage de cette langue chantante et si agréable...

    J'aimais bien l'italien aussi, mais alors le coût de mes études aurait été catastrophique pour mes poches béant d'un vide.

    Je voulais connaître la culture au travers de la littérature russe.

    Je rêvais de devenir plus tard traductrice afin de « traduire fidèlement les discours à transmettre entre ceux qui parlaient des langages différents »...

    traducteur

    La Philologie Russe nous donnait également le droit d'exercer la profession d'enseignant de la langue russe...

    Juste avant, je voulais devenir vétérinaire-zoologue pour travailler un jour dans un zoo-parc, « noyée » entre mes « protégés »...

    A l'annonce de ce projet à mes parents, c'est tout juste si « Tygrys » ne s'était pas étouffé avec un banal morceau de  pastèque...

    - " Quoi !? Tu vas finir ta vie en inséminant artificiellement et massivement notre cheptel bovin national ?! Tu vas rouler en  mobylette comme pas possible  dans les coins les plus éloignés? En plus, en ne suscitant que des problèmes auprès des taureaux..."

    (Il l'avait dit !)

    « Un vétérinaire, chargé de la mission d'inséminer artificiellement une vache, arrive sur une mobylette de marque « Komar » - moustique - dans un tout petit bled...

    A son arrivée, la vieille « baba » locale - bobonne - lui propose un seau d'eau propre, un essuie-mains et... un crochet dans le fond de l'étable afin qu'il puisse y pendre son pantalon... »

    ***

    « Dans un milieu rural, un gamin arrive à  l'école très en retard :

    - C'est parce que j'ai dû conduire le taureau auprès d'une vache pour la "couvrir"... - explique-t-il timidement.

    - Et ton père, alors ? Il ne pouvait pas le faire ? - demande l'institutrice

    - Si, bien sûr ! Mais il m'a dit que le taureau le ferait encore mieux ... »

     

    De toute façon, je me voyais très mal en mobylette « Komar »

    motorower komar2

    ou autre, et en grosse doudoune  - « waciak »,

    waciak 2

    chaussée de bottes en caoutchouc à longueur de journée et en piquant « la vedette » aux pauvres reproducteurs couillus bovins ...

    couple2

    J'ai donc décidé de continuer mon russe, déjà bien avancé... et cela, certainement pas dans le dessein de me déplacer en « Wołga »,

    wolga

    ou, mieux encore, en « Tchaïka » - mouette - noire aux vitres teintées...

    tchaïka2

    Remarque : Quoi que... Quelques années plus tard, c'était exactement dans une « Tchaïka » appartenant au Président de la République Géorgienne, immatriculée n° « 1 », que je sillonnais ce beau Caucase graniteux... où, avec une certaine amertume, j'ai pu mirer de près le monument de Staline, érigé juste devant son domicile,


    maison staline

    jadis fixe et toujours d'origine, à Gori... 

    http://www.youtube.com/watch?v=9Q-OzsOmi00&feature=related

    Après tout, les vrais « apparatchiks » (à vos souhaits !) polonais ne devaient même pas suivre de quelconques études !

    Il suffisait de vouloir en devenir « un ».   

    Au début de ma deuxième année d'études, j'ai été, hélas,  « contrainte » de suivre la fameuse « littérature productive » post révolutionnaire - cette pure merveille - établie par l'« Aciéreux », au poste, tant incongru que jurant, de ministre de la Culture...

    Par ailleurs, tous les tyrans politiques des régimes communistes est-européens excellaient dans l' « auto-attribution » de « spécialités » les plus farfelues.

    Comme la famille de Nicolae Ceauşescu Sr, son épouse, Elena - cette « grande spécialiste » en chimie et biologie, ou son fils, Nicolae, Jr - le Grand « Coach » du sport national...

    Chacun se gavait d'un « droit de connaissance divine en la matière... Ès... pèce de... ».

    Dans les années 30-40., Staline avait décidé que, dorénavant, toute personne sachant écrire,  ou pas, s'attellerait à la conception de « romans productifs » - des ces « chefs d'œuvres », qui parleraient avec tact et emphase de la magnifique réussite communiste.

    http://www.youtube.com/watch?v=nAh5mfkuAXk

     

    staline rédige...

     

    Cette « branchette » de la littérature russe était jalousement et hermétiquement couverte, ainsi qu'adroitement « cathédrée », par le corps des enseignants « vicelards » et sévissant en couple, et avant tout, comme deux sadiques.

    Monsieur Rouslan ****ba (plutôt homme) et madame Ludmila (« aimée par le peuple - selon le calendrier païen) ****bina (plutôt femme...).

    http://www.youtube.com/watch?v=jMvOLepoBO8&feature=related

    « Leurs examens » étaient considérés comme absolument « impassables ». Comme une plaie douloureuse et suintante la plus totale - à cause de leur « modus operandi examinatoire exécutoire », digne de crapules agissant en bande organisée.

    A force de produire des « fleuves romanisants » à la queue leu leu, du genre « Collection Stalinienne de Poche », aucun étudiant ne parvenait plus à mémoriser non seulement le moindre détail, mais encore moins la trame.

    Et puis, pourquoi faire ?

    Les noms des héros « restaient » les mêmes partout.

    La phraséologie et le vocabulaire y appliqués demeuraient  laconiquement basiques ou « basiquement » laconiques.

    Visiblement les auteurs de ces ouvrages à la chaîne ne se cassaient pas la tête.

    Pour nous, l'essentiel de la réussite éventuelle de cet examen se posait dans la lecture...

    Il fallait lire, lire et encore lire...

    Afin de pouvoir suivre tout de même les autres matières imposées par le programme, nous nous partagions donc la besogne, en constituant des « groupes de lecteurs », de ceux qui avaient pour seul et unique but d'en faire des résumés, les plus serrés possible, et donc complets, avec du papier carbone pour multiplier les exemplaires.

    L'examen se déroulait également à la chaîne, et la connaissance de la « Littérature Productive » consistait en des réponses claires et éclairs à des questions du genre : « Que tenait le camarade Vorobiev (il y en avait au moins quarante du même nom...) dans sa main gauche ? Indiquer le titre et l'auteur de cette « position bibliothécaire ».

    "Vot, dourak ! C'est raté ! Il ne s'agissait pas d'un calicot rouge !

    C'était un seau rempli de colle destiné à coller les affiches de propagande... Zéro - Veuillez dégager - Suivant !"  

    Et si j'ai réussi cet exam, c'était encore parce qu'un miracle s'était produit.

    Pour des raisons obscures, le fameux couple « sévissard » : monsieur ****ba et madame ****bina, avait quitté notre établissement... et par la même occasion, notre pays également.

    Le vide s'y installant avait cependant été très rapidement rempli et même garni ! - par un délicieux professeur (d'origine polonaise) de Littérature Contemporaine Russe - ce qui sonnait déjà mieux !

    A l'examen, il m'avait demandé de résumer toute la période de la « culture stalinienne ».

    Ne sachant pas par quoi commencer - et encore pire : comment  terminer - je balbutiais minablement : je ne sais pas... je ne connais pas... En fait, je...

    Je n'étais vraiment pas fière de moi...

    Mais alors, pas du tout !

     "- Ha !!! s'exclama-t-il. Vous avez absolument raison, mon enfant, car on ne peut pas parler de culture du régime stalinien. Elle n'a jamais existé !" 

    http://www.youtube.com/watch?v=xoRjh-pf5C0

    Mon « journal d'étudiant » avait connu encore une fois une excellente note, pourtant parmi les dernières, car la « corso rosso russo » ne dépandait ni de pigeons, ni de miracles...  

     

     http://www.youtube.com/watch?v=JcNhDstL4-k&feature=related     


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