• Pologne: Quand-de-là...

    QUAND - DE - LÀ...

    viennent des ennuis.

    http://www.youtube.com/watch?v=KxZJScDABsc&feature=related

     

    Comme chaque année, à la fête de Toussaint (et parfois aux autres), notre famille, enrhumée et au grand complet, se rendait à « la ville des 10 000 églises et à la centaine de théâtres » pour honorer nos aïeuls vivants et actifs, et ceux, qu'y reposaient en paix.

    Ce jour, maman mettait sa vieille fourrure de nutria, ragondin, car le 1er novembre était le moment propice (début des gels) pour l'aération de ces braves bêtes, stockées toute l'année dans des armoires et protégées par des boules de naphtaline, ainsi que pour faire baver le monde féminin.

    L'odeur dans notre Trabant 600 était si dense, qu'à l'arrivée à Cracovie, à 80 km. de distance, nous suffoquions.

    Cela s'avérait, tout de même, très bénéfique car les chandelles qui nous pendouillaient des nez, desséchaient rapidement et nos muqueuses nasales reprenaient leurs dimensions d'origine.

    Ainsi il fallait faire des nombreux arrêts en vue d'assainir l'air ambiant et stopper les haut-le-cœur intempestifs qui se manifestaient chez mon frérot et moi. 

    ... Il y avait également ces fameuses bougies de la Trabant 600 à « langer » régulièrement...

    En fait, je crois, que nos haut-le-cœur n'étaient pas seulement dûs à l'empoisonnement « atmosphérique » mais plutôt au stress...

    Au stress de voir et écouter la voiture toussoter - kof, kof, - accompagné d'un juron de mécontentement de mon père : « Cholera jasna, jeszcze raz ?! I właśnie teraz... ... ...! »

    («  Biséricorte, edcore ud fois et juste baindenant »... comme s'il y avait de quoi s'étonner), qui craignait de se brûler encore les mains, -

    calamar 2

    ET,

    de vivre, de près et en direct, ma Grand'mère, - la marâtre de ma maman qui assumait, par ailleurs, très bien sa fonction au sein de ma famille car c'était une femme acariâtre...

    Exactement comme l'autre, la punaise, l'ignoble mégère qui harcelait cette pauvre Cendrillon, pâle et chétive...

    http://www.youtube.com/watch?v=tbHzA9xDyco

    Bon, Cendrillon était un peu candide, voir un peu conne en se laissant manipuler par tout le monde. Même sa Fée Marraine, à la fin, l'avait lâchée en l'obligeant à revenir absolument pour minuit, si non...

    Et voilà ! Si don, quoi ? Des benaces ! (je les ai entendues toute ma jeunesse, et me suis obstinée à ne jamais perdre la moindre godasse, même pas un tong (les tongs s'appelaient « Vietnamki » car selon les Polonais, les asiatiques qui les portaient étaient tous des Vietnamiens - jamais compris pourquoi. Etait-ce dû à la promotion américaine de jadis ?).

    Autoritaire, moustachue, couverte de « poireaux qui piquent » et autres disgracieux reliefs dermatologiques, cette veuve d'un officier polonais « disparu » à Katyn (où ? où ? - on ne voulait pas m'en donner de détails), avait disposé, toute sa vie précédente, de nombreux serviteurs et autres domestiques, et lorsqu'elle n'avait plus de « boys » autour d'elle, elle assujettissait tout ce qui bougeait dans son royal entourage, même des cactus qu'elle cultivait avec passion...

     

     cactus 2

    Les longues années heureuses qu'elle coulait en douce auprès de mon Grand Père, - placide et extrêmement gentil, - lui ont été sûrement assurées par la présence de ce dernier et de maman - la bonne à tout faire, comme une Cendrillon.

    NB. Maman de son état civil (déjà mariée) ne perdait plus idiotement ses chaussures ...

    Le venin avidement cumulé dans son épiderme, et l'adrénaline sécrétée et libérée continuellement par ses glandes rénales, lui a permis de vivre 97 ans. C'est beaucoup, non ?

    Pourtant il ne s'agissait pas d'une « femme de tête », loin de là, ni d'une lettrée, ni de quelqu'un conservé par la stimulation permanente de ses neurones « facilement renouvelables », comme c'était notre cas.

    Quoi que : elle cochait quotidiennement les grilles des multiples jeux de hasard, tels que Totolotek, Lotto, Lajkonik et autres jeux. A mon avis donc, elle devait bien s'y connaître en nombres et en chiffres. Comme moi en sudoku, en quelque sorte.

    Le seul point commun que nous partagions : nos jeux respectifs ne nous rapportaient absolument rien puisqu'on ne gagnait jamais !

    Grâce à la haine débordante et stress de jeux de hasard, elle restait éveillée et constamment mécontente.

    Son physique suivait le mental : il était à couper le souffle, de peur, à une petite fille comme moi, et, d'amour tendre, dans le cas de mon Grand Pa' : cheveux teints en rouge, les ongles vernis d'un carmin profond et le rouge à lèvres très rouge. Ce dernier, le pauvre, se forçait à contourner désespérément les fjords de ses rides situées en dessous de sa moustache, c'est-à-dire,  autour de sa bouche crispée, fine et pincée. Il aspirait à s'y figer une fois pour toutes et pouvoir y rester sans bouger pour ne pas se faire engueuler... (les restes de poils de sa moustache, quotidiennement épilée, formaient une auréole de couleur violet profond).

    Je n'aimais pas nos embrassades car elle piquait comme un fil barbelé et par tous ses moyens : les poireaux s'y ajoutaient aussi...

    - Viens iciii, ma chèrrrrrr-iiiiiiiii-eee, dis bonjour à ta babcia (mamie) ! Mais, tchiï viens, enfffiiin !!! criait-elle en me couvrant d'hématomes et autres suçons, qu'elle devait sans doute juger affectueux...

    Dans la Trabant 600, à bougies défaillantes sans cesse noyées, noyés également, dans les gerbes de chrysanthèmes préalablement acquises, nous visitions les nombreux cimetières en rendant hommage à chacun de nos proches que je ne  connaissais pas...

    J'adorais sentir la cire des bougies me couler sur les doigts...

    Ca picotait à peine mais ça brûlait tout de même pas !

    J'aimais jouer avec... Les allumer, puis éteindre...

    Même, par inadvertance générale, le vieux manteau de fourrure de maman s'y était emmêlé et avait légèrement cramé ...

    Heureusement il n'était pas « flambant neuf ».

    Par contre, je n'aimais pas celles de la Trabant 600, ni ma Grand'mère, et j'éprouvais un dégoût absolu face aux cierges et chandelles qui pendaient des nez rouges et refroidis.

    Des chandelles vertes (rappel : grüniol, en silésien ou autres śpik z nosa, en polonais) qui avaient pris l'habitude de sortir, plus ou moins, en même temps que les manteaux de fourrure.

     ... A l'époque...     

    http://www.youtube.com/watch?v=KcO58KPH08g


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