• Pologne: Précieux Aisément

    PRÉCIEUX AISÉMENT...


    http://www.youtube.com/watch?v=7fXhXjeuFfU

    Je reviens à « mes moutons » et autres brebis...

    Notre journée de « letnik » - hôte estival, avait démarré comme sur les chapeaux de roues.

    kapelusz-goralski 2

     

    Après une brève visite et un repérage des lieux, donc du « GS », - magasin faisant partie du réseau collectif de « Gminna Spółdzielnia », fournissant les denrées alimentaires de base mais proposant également des haches, des clous et autres pièces de rechange, le tout nécessaire au bon déroulement des travaux du terroir...

    Après la localisation de l'église,

    Kosciol Witow 2

    qu'on ne pouvait de toute façon pas rater, puisque ses cloches sonnaient aussi bruyamment que régulièrement,

    dzwon 2

    c'est à dire toutes les 15 minutes, afin d'informer les laboureurs dispersés dans les champs « qu'il était 11h17 »... - nous nous trouvions comme « chez nous ».

    A proximité de notre « chambre d'hôte » (12 m. carrés), sur la rive droite du « Czarny Dunajec » - 'Danubet Noir' (en direction Chochołów) charriant ses eaux à une température maximale de 5° C (à la grande canicule), nous sommes tombés, toujours comme par hasard, sur la « klubo-kawiarnia » - café club et Bar « Hanka ».

    Hanna, Hanka, ou en diminutif Hanusia, y était le prénom le plus répandu.

    Certes, dans la gent féminine, il y avait également des Maria, Maryśka, Marysia, ou Stanisława, Staszka, Stasia, et chez les hommes Jan, Janek, Jasiek ou Jacek, ou Andrzej, plus populairement appelé Jędrek.

    Pour s'y repérer, et savoir sur quel dos les montagnards vitupéraient, l'info la plus précise s'échangeait, entre eux, de la façon suivante : « Jasiek 'łod' Koscielaków, du parrain Władek de Gąsienica de Dzianisz » - donc : prénom, celui d'une telle famille, - filleul de ce (prénom) parrain de l'autre famille, - habitant à Dzianisz (hameau situé sur la colline, près de Witów)...

    C'était pourtant simple, non ?

    Les touristes venant de l'extérieur avaient l'obligation de signaler leur arrivée auprès de l'administration communale la plus proche, et ce, endéans les trois jours.

    Le Grand Chef, Sołtys, le plus lettré de cette communauté ainsi que l'homme visiblement le plus opulent  - à part, que lui-même avait énormément de travail dans sa vaste exploitation agricole - y faisait office de juge, d'assistant social, et de parrain des nombreux petits « górale » etc...

    Etant souvent absent, parce qu'il avait « à faire » ailleurs (ou tout simplement ayant ramassé une cuite carabinée...), sa propriété était sévèrement et rigoureusement gardée par un troupeau de redoutables dindons, infiniment dodus, car taillés proportionnellement à la taille de la richesse de leur maître.

    Durant toute une semaine, nous avions essayé - « z uporem maniaka » - avec la ténacité d'un tordu,  et toujours sans succès,  d'approcher cette demeure... Et... misère ! A chacune de nos visites, ces « glouglouteux », enragés et agissant en horde, s'attaquaient à nous.

    Finalement, il avait fallu qu'on aille tous (pour nous présenter), à la messe du dimanche, à la « suma » (la plus longue et la plus pénible), pour y débusquer cet édile local, non stop en gougette, et occasionnellement présent au poste, et surtout... agir avant qu'il n'aie pris sa première « cuite » du dimanche dans le Bar « Hanka », suivie d'une série d'autres « agressions » de ses pauv' "gamma gt" défaillants...

    « - Gazdo, je représente Polskie Radio. Voulez-vous nous raconter comment se déroule votre journée à la campagne des Tatras?

    - Le matin, je me lève et je bois un demi litre de vodka...

    - Veuillez m'excuser, mais cette interview sera diffusée à la radio, donc, parmi nos auditeurs il y aura des enfants... Vous voyez ? «La vodka » ne « sonne » pas bien dans ce contexte... Remplacez-la par exemple... par « un livre », voilà...

    - Dobra, Panocku ! (Bien, mon petit monsieur).

    Le matin, je me lève et je lis un livre. Puis je m'asperge la figure d'eau froide et je relis un autre bouquin... Je monte dans mon champ, près de la frontière slovaque, où je lis encore un livre. Puis, avec Jasiek, le militaire-douanier de W.O.P (Wojskowa Ochrona Pogranicza) nous lisons ensemble. Après cette lecture Jasiek part à la librairie où il achète encore quelques livres. Après ça, il arrive en compagnie de Stasek et Jędrek, et nous lisons à quatre...

    Nous descendons dans le village, et là, nous lisons encore une fois avec des autres. A la bibliothèque de  « Hanka ».

    Et tard, dans la soirée, je vais chez mon parrain pour lire son  manuscrit... »

    Autrement « bimber » ou "samogon",

    bimber 2

    - cet alcool artisanal à base de blé, de patates ou de betteraves, fabriqué, en toute illégalité, au plus profonds des caves obscures des familles montagnardes, débrouillardes et économes ...

    En rentrant à la maison, les victimes de ce « bimber » s'époumonaient en chantant (à 17 voix) :

    (ou à deux :)

    http://www.youtube.com/watch?v=4S8FJ1Tfxk8

    « Górlaluuuu, czy ci nie żaaaal,

    Górlaluuuu, wracaj do hal ... »

    Ce qui donne, en traduction quasi exacte :

    « Górlaluuuu, comme c'est dommage,

    Górlaluuuu, gagnes tes alpages... »

    (ou, comme cela ?)

    http://www.youtube.com/watch?v=BuV0doNI0zg

    De loin, alors, les épouses de ces gaillards éméchés, s'exclamaient (en reconnaissant parfaitement la voix des leurs époux respectifs) :

    « Jezusicku, cosik mi sie zdoje, ze to mój chłop lezie ! » - Doux Jésus, il me semble, que c'est encore mon bougre de mari, qui s'amène...   

    La seconde personne publique et « délicieusement visitée » (pas par moi), n'ayant pas dû avoir recours à l'aide des dindons, certes, mais aussi inexpugnable de sa demeure,  était Monsieur le Curé...

    Ah... ce serviteur de Dieu, humble et rondouillard de sa personne, exultait, tout en exerçant avec application son « autorité divine » sur l'ensemble des ses « łowiecki » - brebis dévouées et assidûment pratiquantes.

    « - Il faut que vous arrêtiez de vivre dans le pêché ! Je ne dirai pas à qui je pense, maiiiis !!!

    Toi, « Stasek od « tûûûût » (je resterai discrète...), si tu trompes encore ta femme, Hanka od « re-tûûûûût », avec Kaśka od « re-re-tûûûût » - la foudre du Tout Puissant s'abattra sur toi ! - vociférait-t-il du haut, en débordant de sa « coquille » (exiguë) d'apparat ecclésiastique normalement constitué... ».

    En réponse, la foule des fidèles s'écrasait massivement, le ventre sur le sol...

    (« Un archer s'exerçait au tir à l'arc :

    - Et meeeeerde... dit-il, décontenancé par son mauvais coup.

    Il réessaya.

    - Et meeeerde ! répéta-il après le deuxième échec...

    - Hé ! Oh ! - dit une voix venant de très haut - Si tu dis encore ce mot, je vais te foudroyer !

    - Et meeeerde ! au troisième essai.

    Bang ! Boum ! Badaboum ! : la foudre tomba juste à côté de l'archer...

    Piorun 2

    - Et meeeerde ! - éructa une voix saturée de déception de très, très haut... »)

    L'église, ainsi que la maison y accueillant la délicieuse personne « d'officiant de messes » étaient, à l'époque, totalement entretenues par les fidèles « parois - sssiens et sssiennes ».

    C'est ainsi, que toutes les femmes du village (mariées !), à tour de rôle, cuisinaient, nettoyaient, faisaient sa lessive, repassaient, et j'en passe et repasse...

    Les hommes bricolaient, réparaient et y ramenaient des objets pesants... « à l'œil »... vigilent de curé...

    Le panier destiné à accueillir l'offrande présentait une capacité semblable à celle d'une bassine, exactement comme celle dans laquelle nous nous « abluions » quotidiennement, et les billets à haut potentiel nominal y choyant, le remplissaient rapidement.

    Visiblement, la fortune était vite faite, car toutes les deux années, environ, le curé disparaissant quelque part, sur la côte ouest des Etats-Unis, et se faisait remplacer par un autre ecclésiastique « eucharistiquement » biennal. 

    Quant à la troisième catégorie de personnes importantes, tels les instituteurs et autres médecins - je ne les connaissais pas car, durant les vacances scolaires, ils fuyaient ostensiblement vers d'autres coins touristiques « à la mode » de cette Pologne, -les coins, géographiquement riches et disponibles, comme la mer Baltique, dont le séjour en plein air saturé en iode stimulait considérablement leurs cellules grises, les préparant ainsi pour la nouvelle rentrée scolaire dans ce milieu rudement rural...

    Cependant, pour mon frère et moi, la troisième personne en importance, si pas essentielle au déroulement agréable de notre séjour, c'était certainement Pan Adam, le tenancier de « klubo-kawiarnia » (où je dansais, dansais, dansais...) -

    http://www.youtube.com/watch?v=fDB7RJv0e9g

    et du Bar « Hanka » - sprytny (futé) businessmen local, Adam, « endollaré », car s'enrichissant sans cesse et sans vergogne...

     

    sakwa 2

     


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