• Pologne: Pas Tatras...

    PAS TATRAS...


     Quelque temps plus tard, maman, ayant souhaité se rapprocher de « ses racines » et de sa jeunesse dans le mouvement du scoutisme cracovien (33 Krakowska Drużyna Harcerska « Kłosy » - créee en 1947), avait pris contact avec une famille de « górale » - des montagnards des Tatras, jadis fréquentés lors de camps scouts en 1947, 1948 et 1949.

    Nous y étions chaleureusement invité pour y passer un mois de vacances.

    A 14 km. de Zakopane, la capitale des Tatras, se trouvait un merveilleux village, Witów, situé en Tatras Occidentales (et ça sonne bien !).

    http://www.youtube.com/watch?v=hiZu21J5Ao0

    Jacek, Jan et Andrzej - trois frères, qui à l'époque abritaient les scouts, nous attendaient avec leurs familles et, certes, émotion...

    Après toutes ces années écoulées, rien d'étonnant qu'aux retrouvailles, maman avait l'air nerveuse, et même son chignon était plus plat que jamais...

    Arrivés à Zakopane, en train muni de deux véritables locomotives au charbon (une qui tirait, l'autre qui poussait...), après 6 heures de voyage (178 km. de Katowice), après trois changements et dans une pluie diluvienne, notre première constatation fut : PAS TATRAS !

    Un mur de flotte glaciale nous tombait directement du ciel et en plus de façon ininterrompue, tout en gonflant nos « coupes vent » miteux - « wiatrówka » (en tissu synthétique appelé non-iron !) et le cours d'eau, Czarny Dunajec,

    czarny dunajec 2

    le « Danubet Noir » (puisque Dunaj signifie en français Danube...).

    Les paysages connus des cartes postales, qui ne mentaient pas me semble-t-il, demeuraient totalement invisibles.

    Et même le plus haut sommet, Rysy à ses 2499 m., restait « inapercevable ».

    Notre séjour commençait bien...

    Avec mon frère, on « traînait » les pattes en grognant, ainsi que les valises lourdes et débordantes de cadeaux pour nos accueillants  - « gościniec », comme le veut la coutume polonaise.

    Ensuite, nous nous sommes installés, tant bien que mal, dans un bus des PKS - de l'abréviation de l'entreprise Polskie Przedsiębiorstwo Samochodowe (Societé Nationale des Transports Routiers), entre les nombreux paniers en osier des indigènes, contenant des denrées alimentaires aussi bien vivantes que d'autres, inanimées.

    Les 14 km. à parcourir s'avérèrent pénibles.

    Tous les passagers nous regardaient de travers, car nous n'étions pas des « leurs ».

    Du moins pas à cet instant.

    La rencontre avec nos hôtes fut riche et chaleureuse, voire même explosive, puisque les « górale » - à prononcé gouralé, des Tatras étaient extraordinairement et joyeusement extravertis...

    Nous avons été reçus dans une maison entièrement construite en gros troncs de pin apparents (et régulièrement brossés),

    chata 2

    dans une pièce faisant office de salon, de salle à manger, de cuisine et de « coin troisième âge »  - vu que les membres des familles vivaient tous sous le même toit, auprès de leurs proches et jusqu'à la fin...

    Ici, dans cette « chata », la maison, de Jan, il y avait aussi une « babcia », une grand' mère, qui tenait constamment à l'œil les va-et-vient de sa bru, Hania.

    Nous étions à table, celle-ci recouverte d'une nappe cirée « cacaotée » par les chiures des très nombreuses mouches « à viande », que nous appelions les « pétroleuses », à cause de la brillance de leur couleur moirée.

    Discrètement et avec tact, nous en avions tuées quelques unes...

    Hormis la « mamie », « ligotée » dans ses multiples jupons, et trônant sur son siège (raccordé directement à un seau - « pot de pisse ») au milieu de la « cuisino-livingo-chambre », il y régnait également une épouvantable odeur d'étable, de vieux torchons, de fromages et d'autres aliments fortement fermentés et fermentant.

    "A Tatras, l'air reste toujours pur parce que les montagnards n'aérent jamais leurs maisons..." - disaient les mauvaissssses languesssssssss. 

    La pièce communiquait, en hauteur, avec un genre de « grenier », où des gros morceaux de lard et de jambons (d'origine animal...) « fumaient naturellement » et sûrement dans cet air ambiant et richement saturé en miasmes et sécrétions purement humains...

    L'épouse de Jan, nous avait concocté une fricassée d'œufs frais de poule avec une tranche épaisse (hélas pour chacun...) de ce lard pendouillant, dont il était question ci-dessus...

    Alors que nous luttions tous de tout notre cœur pour maîtriser nos « hauts » de plus en plus violents et facilement repérables, et au moment de nous servir ce plat si « succulent », babcia, visiblement émue, ou simplement perturbée par notre présence, avait « émis » et « commis » à fond... dans son seau prévu à cette effet...

    Ayant craqué et étant devenue translucide sur l'ensemble de ma figure, j'ai demandé le chemin des toilettes...

    (Pourtant j'aurais dû suivre les mouches à profusion, mais mes narines étaient déjà encombrées aussi...)

    Et là !

    Un trou dans une planche de bois, polie par les fesses de ses nombreux usagers (à mobilité pleine) me montrait, un mètre plus bas, les exploits des ces autres, y accumulés...

    Bien sûr c'était là notre baptême de « ceper » - un urbain dans le milieu rural.

    Baptême, par ailleurs, répétitif et récidivant, car tous ces montagnards se faisaient un plaisir fou de nous « avoir » à chaque instant de notre séjour parmi eux.

    Au bout de quelques jours, je me suis « acclimatée » - peut-on dire.

    A force d'errer des heures et des heures entières dans leurs diverses dépendances, de leurs « locaux à bêtes », je me suis transformée en « l'une des leurs », et mes « ablutions vespérales » quotidiennes, également dans une bassine remplie d'eau glaciale, ne servaient point à grande chose.

    Je sentais de plus en plus la bête...

    Après avoir fait plus ample connaissance avec « mes » poules, (mes préférées), et les dindes (bavardes),

    dindes 2

    je me suis surtout prise d'amitié avec un jeune poulain, Kasztanek - le Rouquin (nom de celui de Steinbeck),

    kasztanek 2

    qui me suivait fidèlement dans toutes mes promenades exploratoires à travers champs, dans les prairies et autres « pachis » y présents.

    tatry 2

    Nous nous parlions à longueur de journée en faisant de nombreuses siestes près du bois délimitant la frontière slovaque...

    Rappel : Il s'agit toujours d'un poulain et pas d'un soupirant !

    « Deux pur sang, « arabes » (en Pologne ?! Avec cette cuisine ?!) de courses se résumèrent leur « derby » respectifs.

    - Sur les 20 courses que j'ai courues, je l'ai emporté 12 fois... - dit le premier, - en arabe classique.

    - La saison dernière, j'ai remporté 15 victoires sur 20 - hennit le deuxième, - en arabe tout  aussi correct.

    Un lévrier afghan (mais qu'est-ce qu'il faisait là celui-ci ?! Décidément...) se promenant par pur hasard (en Pologne ?!) les écouta de son oreille pointue dressée :

    - Moi, sur 20 courses, j'en ai gagné 19 ! - dit-il placidement, - en pachtoune académique.

    - Bigre ! Mais ça aloooors !? Un chien qui parle !? Jamais vu ça de ma vie ! - s'exclamèrent les deux « caballi »  purement racés.»  

    sourire2

    J'ai appris à traire les vaches, à nourrir les cochons, à ramasser les œufs de poules sans les offusquer, - et bien sûr - traiter le foin des « górale » avec soin (non, pas leur pognon - ils étaient trop radins...)

    http://www.youtube.com/watch?v=3bXX8ytCL5k

    Le seul hic dans tout cela, c'est que...

    Lorsqu'on rentrait, avec mon frère, à la maison de notre klubo-kawiarnia locale - café-club (discothèque) après quelques "piwo Harnaś"

    harnas 2

    - brigand des Tatras, loin dans la soirée, à une heure plus que tardive...

    Exemple de notre état euphorique :

     http://www.youtube.com/watch?v=-AZQ_bKo460

    Sur la pointe des pieds...

    Po cichutku - silencieusement... 

    A MA VUE, à MON ODEUR (le mot étant faible...) et à l'OUÏE, - tout ce « monde » animalier, tous mes « potes » gallinacés, bovidés, ovins, caprins et chevalins confondus, se mettaient à caqueter, hennir et meugler joyeusement pour honorer mon passage dans le couloir exigu entre la maison, les toilettes et l'étable !

    Et tant que je ne leur distribuais pas de caresses, un par un, ils continuaient !

    Ainsi, toutes mes rentrées étaient toujours ratées.

    J'avais compris alors, le rôle des oies du Capitole.

     http://www.youtube.com/watch?v=4Cs3TYfqLHI

      


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