• Pologne: Pan! Pan! Girls

     PAN ! PAN ! GIRLS

      Après le rite quotidien et incontournable du « retroussage de  jupe » - retournement sept fois... non : plusieurs fois de sa ceinture - et du « redressement de soutif », suivi de l'élargissement du décolleté... - ce procédé ayant lieu en bas de la cage d'escalier de notre immeuble, je me rendais aux cours.

    Comme toutes les jeunes filles de mon âge, on avait beaucoup à montrer.

    Le port d'un quelconque pantalon à l'école,

    d'une jupe « maxi » ou « mini »,

    de maquillage,

    mak 2

    de vernis à ongles,

    de la coloration des cheveux ainsi que de leur mise en plis, était absolument proscrit.

    Tout le monde devait être égal face au tableau noir et aux résultats scolaires, et dans le plus parfait respect des consignes rouges, imposées par le sens aigu de la démocratie de l'enseignement comm.

     « Łysy », en « bon père de famille », en « capitaine de bord » - tout comme mon « Tygrys »... (Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous ces « petits vieux », à nous persécuter avec nos jupes courtes, alors qu'ils se rinçaient l'œil à chaque pas ?) - assistait personnellement à l'entrée de son établissement, en nous scrutant de bas en  haut attentivement.

    koza 2

    (Savait vivre celui-ci...)

     http://www.youtube.com/watch?v=mi-km1b6xwE

    Une fille maquillée ? Aux chiottes ! Frotter ! Frotter !

    En jeans ? Renvoi immédiat pour se changer.

    Ainsi, des « clones » féminins uniformisés, au même aspect, 

    moules 2

    vêtus de la même façon et de la même matière synthétique, aux cheveux serrés par des élastiques, erraient dans nos couloirs, identiques à ceux de n'importe quel bâtiment construit dans les  années 50.

     De temps en temps, au printemps, ou en été, et avant tout, à l'improviste, nous allions, avec « Lufa » en tête, à la garnison d'une unité militaire à Wełnowiec.

    Un quartier d'aspect glauque, situé à quelques 3 km. de notre lycée.

    Au trot ou à vol d'oiseau.

    Déjà le fait d'y arriver à pieds tenait de l'exploit considérable en générant quelques points de côté chez les plus sensibles ...

    Sur place, amicalement « secondés » par les militaires librement glandant et assoiffés de « jeune chair fraiche», nous nous entraînions au tir.

    http://www.youtube.com/watch?v=UnBlst3T7bY

    Au KBKS - krótki bojowy karabin sportowy - une carabine de sport de petit calibre.

    Remarque : Comme je me dépensait comme « une bête » dans un  « sport riche en apport de sueur », le tir, lui, ne me semblait aucunement en faire partie.

    Position debout - tir « à un genou » - tir en position couchée...

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    (Chançarde couchée "pan - talonnée...)

    Et cette dernière inspirait particulièrement nos hôtes parce que, étalées à plat ventre - comme « Lufa » essayait de nous le présenter avec grâce... et avec son ventre arrondi, aisément répandu sur le sol - flop... « à la ventouse » - nous devions écarter « légèrement » une jambe pour laisser un espace de 15 cm. environ au niveau des cuisses... question d'équilibre...

    Et là...

    Alors que nos jupes, « mini » ou pas,

    degaine 2

    (Chançarde debout  - "bottée" de Russie...)

    nous lâchaient en remontant et exhibant ainsi toutes les couleurs et matières de nos dessous (différents),

    dessous2

    nos décolletés allaient, eux, en sens inverse : en descendant en direction du nombril.

    En fait, quasi toutes nos pièces vestimentaires se réunissaient à « son » niveau... ce qui prouvait son importance vitale..., et  provoquait la présence de plus en plus rapprochée et plutôt insistante des militaires nous entourant... prêts à tirer, eux aussi !

    Parfois, au contraire, afin de pouvoir stratégiquement y dissimuler un copion ou tout autre matos didactique

     

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    exclu du moment, on les ralloooongeait, on les tiiiirait en dessous des rotules...

    Et au bout de quelque temps, ces jupes, sorte de « poches à calamar »

    calamar 2

     à la texture douteuse, tirées, retirées, rallongées à l'infini - bref, martyrisées - perdaient totalement leur forme initiale en devenant insupportablement difformes sur nos formes, jadis « en forme »...

    Il n'y avait que notre Janina, la prof de physique, notre « Belphégor  gothique » redoutée de tous, qui se « pavanait » aisément devant nos yeux envieux, enfermée dans ses longues jupes - fourreaux, égyptiennes, telle la « momie crachée » de Hatshepsout - la Rebelle...

    Sans doute, pour y dissimuler ses divers copions, ou plutôt des tracts de « Solidarność » embryonnaire ?

    « Lufa », par contre, béatement confiante, car protégée par les forces armées nationales, et n'ayant plus rien à camoufler, portait ses jupes de plus en plus courtes, où ni les tracts ni les copions ne pouvaient plus trouver refuge.

     Pourtant, au travers des siècles, au niveau vestimentaire, les filles ont toujours dû attendre pour atteindre l'âge de pouvoir progressivement cacher certaines parties de leur corps...

    Les parties qui, avec les années, devenaient de moins en moins esthétiques et/ou intéressantes ?

    Notre monde comm progressait décidément à contre-courant...

     

     



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