• Pologne: Mordus Operandi

    MORDUS OPERANDI

    « - Mais que vous arrive-t-il ? Vous n'avez plus une dent !? - demanda le crocodile à la grenouille.

    - Ve me les fuis arraffée toutes ! Une far une - four ne fas faire fartie de la garde d'honneur du roi - annonça la grenouille.

    - Mais il fallait m'en parler avant ! De toute façon, vous ne deviez avoir aucune crainte ! Dans votre état de santé actuel... Et puis, votre physique et, surtout, avec vos pieds plats... Vous ne risquiez vraiment rien...»       

    Alors que, lors des cours de physique, j'étais en train de cogiter pour savoir où la boule de billard pouvait bien avoir une « face », pour, s'entrechoquant avec une autre (aussi de face) - effectuer sa fameuse trajectoire balistique...

    bila 2

    Ô  - miracle ! - un personnage tout de blanc vêtu avait fait irruption dans notre classe.

    Un contrôle médical scolaire inopiné...

    Oh oui, oh oui, oh oui !

    Une infirmière de service, avec sa toque  - faisant partie de l'uniforme réglementaire, - en « papier Bristol glacé », ou amidonnée, désignant, par la couleur, son grade et ses mérites...

    czepek pielegniarski 2

    Il faut dire que les représentants de la Médecine, comme dans l'armée, avaient tous leurs insignes de fonction pour pouvoir exercer.

    Cependant le « couvre chef » le plus spectaculaire était celui du médecin, du chirurgien russe (et même encore de nos jours...) qui ressemble, comme deux goûtes d'eau, à celui de n'importe quel chef cuistot.

    docteur

    Un tel choix y était considéré, sans doute, comme le plus juste et logique, car le souci général d'hygiène en vigueur ne permettait pas de trouver des cheveux dans les plats mijotés...  

    Les enseignants n'appréciaient guère ces interruptions intempestives des cours en cours, toutefois ils n'avaient rien à dire, car la santé passait avant tout, et surtout avant ces « boules cogneuses à trajectoire douteuse », qui cédaient rapidement alors leur place, aux autres, - celles des profs (« ça me fout des boules » - disait notre physicien...)

    Pesage, mesurage, contrôle des oreilles, de la gorge etc.

    Parfois quelques vaccins préventifs...

    Même pas peur !

    Mais lorsque il s'agissait de notre dentiste d'école, - dont le visage allait à merveille avec sa spécialisation  - froid et sournois, digne d'un bourreau de la Sainte Inquisition - gravée sur sa « face » blême, et au regard torve... - notre joie se transformait en une panique de prévision d'une véritable géhenne...

    http://www.youtube.com/watch?v=nb8t3Lt8iJw

    Et son large sourire crapuleux...

    piranha 2

    Comme pour tout ce qui concernait les soins de santé, nous étions tous « régionalement et définitivement localisés » quelque part.

    Pas question d'aller chez le médecin de son choix.

    Pour tous les problèmes concernant la santé, mes parents se rendaient dans le dispensaire accessible à l'usine de papa. Laaargement ouvert à tous et quasi non-stop parce qu'il y abritait également les services de la médecine du travail. Les  accidents en  tout genre sur le lieu de travail étaient, hélas, très fréquents.  

    Quant aux écoliers, ils étaient molestés « localement » dans leurs écoles.

    Sur place, à l'insu de grands et en toute impunité...

    Comme c'était déjà  le cas pour les dirigeants comm, le choix entre un « bon ou mauvais » toubib demeurait inexistant.

    Indubitablement, ils étaient tous excellents, puisqu'ils parvenaient à suivre, sans faute et sans échec, une dizaine d'années d'études assidues au sein d'une quelconque Akademia Medyczna - Académie de Médecine, où, de plus, une petite minorité devaient passer par de rudes épreuves lors des examens d'entrée... Et les autres, par prouver leur lignée ancestrale génétiquement ou politiquement correcte ayant eu, parmi leurs aïeuls, des praticiens ou autres « manipulateurs » de haut « vol ».  

    Les couloirs de notre école résonnaient donc de cris d'horreur, poussés par les proies faibles et sans défense, traînées pour être « soignées » aussi bien illico presto que manu militari !

    Parfois, l'un ou l'autre s'en sortait indemne... Parfois pas...

    Notre dentiste arrrrrrachait ce qu'elle trouvait sous sa main lourde et peu agile, et ce qu'elle jugeait « nase » et « arrachable ». 

    Remarque : Un tel procédé lui épargnait aisément une longue série de soins de caries, en favorisant ainsi une réconciliation avec le corps enseignant, irrité, car soucieux de continuer son programme galopant...

    Étant complètement à côté de la plaque, y dentaire comprise, de temps à autre, elle se trompait en extrayant une dent tout à fait seine, située à côté d'une malade.

    - Docteur, y a-t-il un moyen de m'arracher cette dent sans douleur ?

    - Oh, cela dépend... La semaine passée, lors d'une extraction je me suis foulé douloureusement le coude... Espérons qu'aujourd'hui ce sera mieux... 

    - Vooooi-là ! C'est terminé... Tu veux bien desserrer les dents et ouvrir plus ta bouche pour que je puisse retirer mon doigt ? (Petite morveuse ! - pensait-elle tout haut).

    - Mais fe n'était pas felle-là !

    - Ce n'est pas grave, - disait-elle d'une façon expéditive. Ainsi, dans le futur, elle ne te fera plus jamais mal... Suivaaaant !!!

    Après toutes ces émotions, nous retournions, encore sous le choc post-opératoire, face à nos boules, toujours prêtes à « s'entrechoquer et cogner » de face.

    zderzenie czolowe 2

    Entre elles... 

     

     


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