• Pologne: Hiver-Nation


    HIVER-NATION

    http://www.youtube.com/watch?v=c9jK4L06bfc

     

    Bénéficiant d'un climat continental (sibérien), la Pologne suivait sa règle de « 4 ».

    Elle et Vivaldi connaissaient les quatre saisons : froid et sec en hiver et chaud et sec en été.

    Entre les fêtes de Sainte Barbara et de Saint Nicolas, nous vivions les premières chutes de neige qui se poursuivaient jusqu'en avril, environ...

    Ainsi, tout ce qui était d'habitude crasseux et noir, devenait subitement blanc, propre et silencieux...

    J'adorais cette non couleur esthétique et élégante...

    Les skis, les luges et les patins à glace quittaient alors nos caves pour pouvoir s'adonner à toute sorte de glissage, ou de glissade, tout cela dépendant de notre volonté...

    Parallèlement au puissant service culturel de l'usine de papa, il y avait une section de la promotion du sport.

    Tous les dimanches - niah, niah, niah pas de messes - nous partions très tôt matin, avec d'autres amateurs de « białe szaleństwo » - le délire blanc, (60 km.) - dans les Beskid Śląski, à Szczyrk (comme ça se prononce !) où, par un tire-fesses nous nous installions au sommet enneigé de Skrzyczne (de même prononciation, à peu près) pour y passer la journée et ensuite en  redescendre à ski tant bien que mal à ses pieds.

    Les préparatifs débutaient déjà le samedi. Pour notre retour tardif le lendemain, maman préparait déjà un Żurek, - cette soupe merveilleuse sur base de farine de seigle préalablement fermentée, avec des morceaux de saucisse fumée et aux lardons... - miam ! miam ! - ou une soupe au pois. 

    Tous les quatre, nous avions des skis, plutôt, norvégiens, en bois compacts du frêne et partie glissante en noyer (d'origine « kk » - « kraje kapitalistyczne » - pays capitalistes) avec les véritables attaches « Kandahar ».

    wiazania

    Par rapport à la consistance de la neige, nous les fartions avec soin et amour toute la soirée. Bien lisses, patinés à chaud - ils glissaient à merveille ce qui n'était pas toujours commode lorsque la météo avait changé et lorsque la neige qui s'était ramollie gelait d'un coup... Ca, c'est pour les glissades.

    Le lendemain, dans la nuit profonde, à 4 heures, nous affrontions l'air externe de -25°C et plus... Moins ? Enfin...

    Nous marchions prudemment dans nos grosses godasses de skieurs, chargés de skis, de bâtons, de sacs à dos, au milieu de nos semblables, et dans le noir, accompagnés de délicates exclamations étouffées et peu élégantes : « Oh, kurwa ! » - oh, putain, - suivies d'un : Vlam ! (et) Patatras ! Vlam étant dû à la  perte d'équilibre et à l'atterrissage sur les fesses, Patatras, au bruit des skis tombant sur la tête de leurs porteurs.

    L'autobus « Jelcz »

    JELCZ

    d'une glorieuse production polonaise, muni de chaînes sur les roues, nous attendait déjà !

    Le « préposé à la conduite » (pan Alojz), fixait savamment notre matos sportif au sommet de son véhicule et liait le tout avec une corde parfois trop peu résistante, ce qui provoquait la perte de ce chargement sur les voies publiques et encombrées...

    Les 60 km. à parcourir prenaient quelques trois heures, si tout allait « techniquement » et « météorologiquement » bien.

    Une heure d'attente au tire-fesses saturé.

    Le stress de poser convenablement les miennes sur le petit siège, était toujours intense... Les skis en parallèle ! Attention à la bonne fixation des godasses ! Paaaaaartie ! Et zut ! Kurdemol, c'est raté !

    Deuxième essai : bop, booop, booooooop ! Ca va - ça glisse.

    On dirait qu'à cette hauteur, de 1257 m. au dessus du niveau de notre Baltique, à Skrzyczne, le monde entier s'était réuni pour « télémarker » et « kristianer ou kristianiser » - en dano norvégien - gaiement (deux techniques de descente norvégiennes).

    Un exploit y consistait en la survie, sans engelures, ni crevasses et sans geler en général, le plus longtemps possible.

    De temps à autre, dans cette jungle de trop nombreux sportifs assoiffés de dégagement d'endorphine en accéléré, nous entendions des cris de  détreeeeeesse : Aïe, aïe, aaaaaïe ! Au secours - bam, bam - poufff...

    De joie : « Juchou » (ch - est sonore) - Yahoooo.

    D'exigence des maîtres : « Lewa wolna !!! Lewa wolna ! - dégager à gauche !

    Ceux, dûs à la destruction du matos en un sinistre total : « Psiakość, cholera jasna » - sang de chien ! saperlipopette !

     NB. Notre bonne vieille "kurwa" nationale, était cependant la reine - malheureusement si bien connue sur ce globe terrestre - putain...).

    Le plus éprouvant était les passages éclairs des beaux mecs de GOPR - Górskie Ochotnicze Pogotowie Ratunkowe - les Services Bénévoles de Secours Montagnard, lesquels, à toute vitesse trimbalaient un « topogan » - toboggan - contenant un skieur ou une skieuse, dont les plaintes hautement sonores de souffrance résonnaient, amplifiés par l'écho de ceux lieux. 

    J'excellais en glissage en skis et j'étais une véritable « casse-cou » et, en un rien de temps, j'était parvenue à « émietter » en cure-dents les miens (hérités de mon frère), sur une descente qui m'était proscrite et dite « rouge », - baptisée sournoisement et « suggestivement » - « Piekiełko » - petit enfer. 

    En descendant, finalement, par une « nartostrada » - cette piste balisée et régulièrement aplaties par des « ratrak » - genre de rouleaux compresseurs en version plus légère, il fallait observer tous les signes s'y trouvant.

    Aucun écart de la piste n'était toléré... sauf ?

    Eh, oui : on apercevant un « sentier » se dirigeant vers les bois la cernant, parfois, je le suivais « pour voir », car, les jeunes chèvres sont très curieuses de nature...

    En arrivant quelque part, au bout - déception totale : dans la neige immaculée blanche, mon sentier se terminait par un petit trou jaune - d'urine, ou bien, par un inesthétique étron surgèle et fièrement dressé vers le ciel bleu limpide, comme pour le défier...

    Je pensais alors à ces nombreux sommets couverts de neige éternelle, régulièrement escaladés, explorés par des hordes d'alpinistes du monde entier, y laissant à chaque passage les fruits de leur digestion...

    EVEREST_32

    Et ce qui me terrorisait alors, c'était d'imaginer un instant, le réchauffement du climat, la fonte totale des neiges éternelles suivie d'un dégel général...

     http://www.youtube.com/watch?v=Lv0xZI6A8T8

     

     

     

     

     


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