• Pologne:Est spec' humain

    EST SPEC' HUMAIN

     

    Pour pouvoir me rendre au zoo parc le plus souvent possible, je profitais de n'importe quel accompagnateur adulte.

    Dimanche matin, lorsqu'il faisait calme, nous entendions à la maison des cris de paons ou des rugissements de félins affamés. Nous n'en étions pas loin à vol d'oiseau.

    A l'entrée, déjà impatiente, j'accélérais le pas en passant le plus vite possible à côté des oiseaux aquatiques, sans prêter attention ni à ces « tartes » de flamants roses - comme d'habitude nombreux, désœuvrés et bruyants, ni aux otaries, enjouées, ni aux bovidés lourdauds, ruminant pour la vingtième fois la même bouffe...

    Dégoûtant !

    Au cœur du jardin zoologique, le mien se mettait à battre en accéléré car j'arrivais près des quelques pavillons chauffés abritant le meilleur : les reptiles - ces bêtes nonchalantes et préhistoriques qui malgré une peur mélangée au dégoût m'inspiraient la fascination la plus profonde.

    Des petits et multicolores, souvent les plus venimeux, demeuraient, paisiblement planqués dans leur terrarium.

    Et un, qui portait incontestablement bien son nom, était le python royal. Immense et immobile car complètement emmêlé dans ses anneaux...

    Alors que les visiteurs s'acharnaient à frapper sur la vitre épaisse de protection pour attirer son attention, il restait là, noble et inanimé.

    Je me demandais alors, comment notre Eve, au début de la création de l'Univers, avait pu succomber au charme d'un serpent et accepter en plus une bête pomme de sa part.

    Si, à l'époque, cette écervelée en avait au moins eu peur au lieu de détecter, comme une mouche à « trompette chercheuse », des phéromones émanant des douceurs  à bouffer, l'humanité aurait pu rester heureuse...

    J'adorais l'heure des repas, et une image s'était particulièrement gravée dans ma mémoire : le personnel du Zoo y avait introduit quelques ratons blancs.

    Au début, les rongeurs courraient dans tous les sens en piétinant ce « tuyaux » fadasse et endormi, pour ensuite commencer se battre entre eux en se mordant à sang mutuellement les pattes de devant.

    Je me rappelais toujours de cette scène lorsque je voyais le comportement des politiciens sur le plateau d'un studio de la télévision...

    Et lorsque la panique se transformait en chaos total, le gros ophidien sortait sa langue biiifiiide destinée à repérer les phéromones dégagées par ce garde-manger vivant et stressé...

    Comme tous les gosses, je pensais qu'il « piquait » ses victimes avec cette langue...

    J'avais aussi appris avec la stupéfaction, que le serpent « sifflait » (?)

    http://www.youtube.com/watch?v=Q6E4w5DYFI8

    Cela dépassait mon imagination car si tous les arbitres sifflaient sur les terrains de foot comme un serpent, qu'est-ce qui pourrait se passer ? Il y aurait, peut-être, moins de dégâts « collatéraux » et plus de respect...

    La célérité de l'attaque sournois du serpent dépassait également mes attentes.

    On dirait, qu'initialement il n'avait « rien à cirer » avec des stupides rongeurs à l'apogée de l'hystérie ... pour, à force de les piffer...

    Clac dedans ! Et un !

    Et puisque l'appétit augmente en mangeant... (« apetyt wzrasta w miarę jedzenia » - disait maman...) : du coup il s'en était rempli une partie du tuyau cylindrique en les avalant lentement les uns après les autres.

    Je ne voudrais surtout pas paraître « scatologiquement » éveillée, mais dans ce cas, c'est comme dans les vases communicants, - une chose avalée expulse l'autre.

    Le serpent rassasié s'était mis à déféquer...

    Aux 4/5 de son corps, environ, de son cloaque, était sorti paresseusement un immense tas liquide composé (j'avais fait un inventaire en quelque sorte) d'un mélange de fourrure, de griffes, de moustaches et d'autres éléments ayant jadis fait la beauté d'un repas précédent.

    Je n'en croyais pas à mes yeux...

    Maman, dégoûtée et à bout de nerfs (comme j'ai déjà dit elle n'aimait pas les reptiles), m'obligeait à poursuivre la visite et regarder d'autres spécimens à tube digestif.

     Les ours polaires, souillés par l'urine jaune, les lions, puants et imbus de leurs personnes, se prélassant à « ne rien foutre à longueur de  journée » près de leur compagnes « félinement » allongées... Les ours, ces goinfres, toujours à mendier quelques miettes de nourriture, les singes, se masturbant et chahutant dans leurs cages - quelle santé!

    Et...

    Les gardiens, cradots et sévères, dégageant de leurs tubes à eux, des effluves de vodka et d'ail (encore non digérés), toujours sur nos dos, et à donner des consignes...

    Et puis le bassin, vaseux et sale des hippopotames, qu'on détectait à l'odeur.

    Ces ruminants herbivores « aquatiques » appuyaient leur derrière contre les parois du bac à eau pour déféquer en liquide, et en tournant très rapidement leur queue.

    Pulvérisations catastrophiques garanties !

    Il fallait le savoir, car la première fois, avec maman, toutes les deux habillées en blanc, - ils nous avaient si juteusement baptisées que nos vêtements étaient juste bons à jeter !

    Les dangers n'émanaient pas seulement de la part des hippos.

    Un lama, dans le cadre de : « lama fâché - lama cracher », m'avait précisément atteinte d'un grüniol andéen, alors que je ne lui avait rien fait...

    "Lama couché - lama pas cracher"

    lama couchee

    Pendant ce temps-là, tous les buissons luxuriants et verts qui décoraient le zoo parc, grouillaient littéralement de représentants l'espèce humaine, pique-niquant, se soûlant à la vodka poussée par la bière, et s'accouplant, inspirés et excités par le comportement des animaux.

    A la fin de journée il y était fréquent d'apercevoir des bouteilles vides de vodka « Wyborowa », des capsules de bière, des étrons humains couverts pudiquement de « Gazeta Śląska » (Gazette de Silésie) et des capotes usagées...

    saleté

    Après ces émotions nous regagnions notre « cage » douillette, toujours grande de 48 mètres carrés et à la température ambiante de 24°C.

    Sains et saufs !

    Au retour je pensais à ce Dieu, qui créa cet Univers et à la fin, après la conception de tous ces êtres esthétiques, et parfois pas, lorsqu'il n'eut vraiment plus rien à créer de plus laid, de plus répugnant (après les serpents, les araignées, les invertébrés) - il créa l'Humain.

    Ringard, dompteur et avant tout - pignouf...  


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