• Pologne: Des Goûts

    DES GOÛTS...


     „ Jesteśmy na wczasach

    W tych góralskich lasach,

    W prrromieniach słonecznych

    Opalamy się...

     

    Orkiestra przygrrrywa

    Skocznego begina,

    To nie twoja wina,

    Że podrywam cię..."

     

    « Dans nos belles forêts,

    Nous nous reposons,

    Au soleil radieux,

    Tous, nous y bronzons.

     

    L'orchestre nous présente

    Vigoureux « fox-trot »,

    C'est ne pas ta faute,

    Si tu me tourmentes... »

     (NdT : Bofff... une libre adaptation...)

     http://www.youtube.com/watch?v=OOsgIhGg47o

    - chantait un certain Wojciech Młynarski, véritable « coqueluche » des cabarets polonais.

    Ensuite, la chanson décrit le malheur d'un pauv' contrebassiste qui jouait, jouait, jouait... - pendant toute la saison touristique (à savoir : trois mois), et ne quittant pas des yeux, la belle panna Krysia...

    Et en fait, cette demoiselle (vierge, sans doute, derrière l'oreille ?) était plutôt une « professionnelle », alléchée par le pognon en surstock des touristes masculins, égarés dans le petit bled à la montagne...

    Ce hit vacancier était strictement respecté dans tous les « dancing » de Pologne.

    C'est ainsi, en nous la coulant douce pendant les vacances à Ustroń, que nous eûmes l'opportunité de nous rendre (accompagnés de nos parents et de leurs amis) dans un vrai établissement « à dancing ».

    Dans un établissement gastronomique - lokal gastronomiczny, du délicieux et totalement incongru nom de : « Tropicana » (Ha !),

    tropicana 2

    situé au pied de la montagne Czantoria, de l'autre côté de la Vistule, mais cependant proche de notre lieu de résidence caniculaire.

    Après un « check out » complet : toilette des coins et des recoins de nos corps (dans la bassine), « non, pas cette jupe - elle est trop courte », « remets un autre pantalon », « attends que je finisse », « qui m'a pris mon peigne ? » etc. - nous nous sommes rendus dans ce restaurant.

    Maman, tout de blanc vêtue, en escarpins à très hauts talons

    buty 2

    et son chignon « choucrouteux » fièrement dressé sur sa tête, telle une meule du foin, et dont nous étions, avec mon frère, les spécialistes avisés...

    Notre trajet comprenait quelques 3 km., à pieds, et en « tout terrain ».

    Il fallait presque la porter car ses godasses arachnéennes avaient visiblement difficile de la suivre...

    En plus, le soleil « baillait » (ââââ - faaaitguééé) sournoisement, en nous montrant qu'il allait se coucher dans les minutes qui suivaient...

    « Entre chien et loup » (nous nous tenions et de préférence, plutôt près des chiens...) - ainsi appelions-nous cette période de la journée où on n'y voyait que dalle et surtout maman.

    Après quelque voltiges frôlant des nombreuses micro torsions de chevilles, tout en la soutenant tant physiquement que moralement, nous sommes parvenus « au bon port » de la « Tropicana » dans toute sa splendeur.

    Les locaux de telles localités purement touristiques étaient immenses !

    Plusieurs centaines de couverts y étaient prévus car dans les pays comms c'était facile de construire grand et mieux que les autres... Na !

    Le seul hic, ce qu'il n'y avait que trois filles de salle censées  servir (toujours au féminin) et un, parfois deux cuistots...

    L'attente y était insupportable...

    Les clients s'étant confortablement installés à des tables numérotées dans des fauteuils « coquilles » en velours rouge vermeil, commençaient leurs commandes.

    Et hop ! Des bouteilles d'un demi litre de vodkas diverses apparaissaient sur les tables couvertes de nappes blanches...

    Jarzębiak - aux fruits de sorbier,

    Soplica,

    wódka Żytnia et Wyborowa,

    Klubowa,

    Krupnik - au miel,

    et, surtout, la Żubrowka, - avec ce brin d'herbe médicinale qui poussait uniquement au Puszcza Białowieska de Nord-Est de la Pologne, - le biotope naturel des bisons européens.

    On disait toujours qu'il fallait qu'un bison l'asperge de son urine pour en donner ce goût tant apprécié... 

    Zubr 2_11

    La fumée des cigarettes de toutes marques et même américaines (sic !)  prenait d'assaut la salle du restaurant.

    La clientèle était surtout constituée de gens aisés ayant des revenus abondants, crevant les yeux et d'origine tout à fait inconnue...

    Pour pouvoir boire, il fallait absolument "consommer" - càd. manger !

     tablica przekaski 2

    Au bout d'une heure, le temps d'ingurgiter un « befsztyk tatarski » -

    tatar 2

    un filet américain amélioré par un jaune d'œuf, des cornichons finement coupés, des « szproty » - sorte de petites sardines à l'huile et d'oignon - le spectacle commençait...

    Je suppose qu'on attribuait ce laps de temps aux consommateurs afin de les saouler préalablement pour qu'ils puissent « affronter » la suite des festivités collectives...

    Sur une petite scène, une « baleine » en bas résilles surmontés d'une « large ceinture » en lamé brillant  en guise de jupe, et au décolleté outrageusement plongeant jusqu'à son nombril (la seule preuve de son appartenance à la famille des mammifères) s'était mise à se produire en ne nous laissant aucune chance pour faciliter notre pré digestion.

    Immédiatement, nous avons constaté que le micro, qu'elle serrait  dans sa « paluche » digne d'un bûcheron, et qui amplifiait sa voix (« tubale » et chevrotante), était strictement inutile car il suffisait d'ouvrir la porte du resto pour que les Polonais de Gdańsk (de l'autre côté de la Vistule, en long...) l'entendent... 

    Après trois chansons - une pause - une nouvelle tournée générale de spiritueux - à toutes les tables autour de nous...

    Nous - à la limonade (et pas en poudre !).

    Les couples se mettaient à danser.

    http://www.youtube.com/watch?v=tNjkVk5c1So

    D'abord séparément.

    Puis, après une première extinction des lumières « auxiliaires » - ensemble.

    Qui voilà ?

    Une « panna Krysia » puis  - deux - trois...

    Il y en avait !!! Une nuée...

    Maman, qui adorait danser, se faisait inviter par des cavaliers titubant et de plus en plus affaiblis par cette jubilation touristique, arrosée et spontanée...

    Durant tout ce temps, Tygrys n'observait que deux éléments : maman et un silence glacial... promettant le pire...

    Heureusement, à l'arrivée de la commande, enfin, - un « goûter - dessert » - tort orzechowy - sorte de gâteau à la crème au beurre et aux noix, quelque chose d'absolument inattendu était apparu :

    Extinction complète de toutes les lumières et une stripteaseuse...

    J'en avais le souffle coupé...

    Mon frère faisait semblant qu'il s'en foutait mais...

    Tous les yeux (exorbités, j'admets...) des hommes étaient collés comme des ventouses sur ce corps, visiblement manquant de calcium et de plusieurs oligoéléments...

    Au point culminant de ses torsions hautement « érotico-libidineuses »,

    http://www.youtube.com/watch?v=FvQKmmgzq1Y

    son dessous de scène, limité à un lacet en strass, -dont plusieurs manquaient déjà... - avait effectué un vol plané, et volontaire, juste pour s'étaler en plein milieu du gâteau de mon frère...

    Flooooooooooop !

    tort orzechowy 2

    (...sans string...)

    Avec un calme plus que stoïque, il écarta cette « ficelle strasso-pailletteuse » pour me glisser à l'oreille : Tu peux pas imaginer, ma Vieille, moja Stara, à quel point je déteste une association sucré/salé !

    Je lui en « voulais ».

    Un peu, car il devait en savoir quelque chose...

    Et effectivement, quelques jours plus tard, il m'annonça, qu'il avait eu une "super" occasion d'honorer une « panna Krysia » (certes, après quelques bières !), seulement, au lever du soleil, il avait constaté, que non seulement il lui manquaient quelques dents (à Krysia), mais de plus, qu'elle était moche, mais moche...

    D'une mocheté, ce qu'il y avait de plus moche !

    Ah, les désirs des hommes... Ils resteront impénétrables...

    Me semblait-il.

    « - Mais oui ! Je bois parce que je suis malheureux... J'ai une femme... Une horreur ! Mais laide ! - se confessait un « drobny pijaczek » - menu poivrot, après plusieurs vodka gobées en compagnie de ses compagnons de comptoir, - joyeux et rencontrés par hasard. 

    A la demande générale et afin de prouver la monstruosité physique de sa « douce », il invite ses potes à la maison.

    Au milieu de la cuisine une trappe fermée par un solide cadenas. Après l'avoir déverrouillée, il crie vers le sous sol :

    - Maryśka (prénom d'emprunt...), tu veux bien venir ?

    - Oui ! J'arrive ! Je mets la cagoule ?

    - Non, non ! Cette fois-ci ce n'est pas pour baiser, c'est pour te montrer à mes copains ! »    

     


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