• Pologne: Confessiers et Confidents

    CONFESSIERS et CONFIDENTS

     Je me suis toujours sentie chrétienne, puisque la Pologne a été officiellement baptisée en 966, et est donc devenue un état chrétien. Cela lui avait ainsi permis de ne plus faire partie des peuples non civilisés et mécréants. Fini l'adoration de grands chênes et autres idoles ! Terminé ce petit monde de païens  grâce au bon roi Mieszko I renonçant au paganisme avec sa « christianissima » épouse, Dąbrówka.

    Avec ce christianisme, lourdement exagéré, la tribu de "Polanie", paisible et abrutie d'alcool de mauvaise qualité, n'a connu que des souffrances étroitement liées à la présence du Dieu.

     Ce n'est qu'en 1410 seulement, à Grunwald, en Poméranie, que la Pologne s'était presque définitivement débarrassée de ses nombreux « correcteurs religieux » - les Chevaliers Teutoniques, soucieux de bien faire...

    http://www.youtube.com/watch?v=qKv-LBmBD-M

    Grâce à l'alliance signée entre les deux frères, Władysław Jagiełło et Witold, la Pologne s'était liée avec Lituanie. 

    Cet ordre religieux germanique, composé « d'activistes » plus que déterminés, taciturnes et ouverts à toutes les invasions possibles et imaginables, tout en restant enfermés (tels les conserves de pilchards) dans leurs lourdes armures, avec un casque à plumes et des capes blanches marquées d'une croix noire sur le dos, sema l'horreur entre la mer de Baltique et la chaîne des Sudety.

     krzyzak2

    Des siècles plus tard, maman, véritable « ayatollah » au service de la religion, respectait fidèlement et humblement tous les rites imposés, et notre vie de famille en dépendait quasi à 100%.

    A force de fréquenter les édifices religieux et de courir à la messe, elle avait certainement, à elle seule, formé le sentier au travers du terrain vague servant de raccourci entre notre immeuble et l'église la plus proche.

    Tout les vendredi, c'était obligatoirement du poisson, « morszczuk », et personne en Pologne n'était en mesure de dire clairement de quel poisson il s'agissait. En fait c'était du merlu... qui venait « tout droit » de Baltique (donc qui parcourait 600 km. dans un camion non frigorifié), lequel n'était plus assez présentable pour qu'on puisse l'identifier. Et surtout pas de près...

    Couvert d'une sauce « grise » (infection), et accompagné de « surówka z kapusty kiszonej » (à savoir : 0,5 kg. de choucroute fraiche de boucher, une carotte râpée en fines lamelles, un oignon, - le tout mélangé avec un peu d'eau bouillante légèrement sucrée, sel, poivre et huile - bon !), il passait encore.

    Par contre le riz aux pommes et à la cannelle, cuit dans une cocotte spéciale appelée (morte de rire!) « prodiż » me gâchait directement la journée...

    Ce jour-là,  pas de saucisses, pas de viande : l'horreur !

    Et la confesse ? Tout les premiers vendredi du mois !

    Pour raconter quoi ? Que je mettais les vers de terre dans du dissolvant pour les ongles pour voir ce que cela donnait ? - (ils devenaient violets et rabougris...).

    Que je gonflais les grenouilles à la paille ? (parfois au lieu de souffler, j'aspirais et ce n'était pas bon du tout...).

    C'était au nom de la Science !

    La première fois que j'ai vu un curé dans un confessionnal, tout seul, derrière ses barreaux, j'ai eu de la compassion pour lui - qu'est-ce qu'il avait pu faire de si crapuleux pour qu'on lui inflige une punition carcérale si lourde ?

    Tout les dimanches : à la messe.

    Et en latin...

    Quoi que...

    J'aimais particulièrement la phrase « Ite missa est » pour pouvoir enfin cavaler à toute vitesse, en piétinant les vieilles bigotes garnies des véritables « coupoles de planétarium » sur leurs têtes en guise de coiffures...

     moherowe berety2

    Je courrais vers l'oxygène, vers la porte, comprenant pourquoi, dans toutes les églises, elles étaient si larges.

    Maman, à mon insu, m'avait inscrite aux cours de religion et de catéchisme...

    Ils se donnaient quasi clandestinement dans une petite salle derrière l'église.

    Clandestinement, car mon père était tout de même membre, hélas, du parti comm, et donc toute notre famille ne pouvait plus compter sur d'autre présence divine et rayonnante que celle du Camarade Lénine, de Władysław G., ou de notre camarade local, Soltysek (nom d'emprunt... quoi que...).

    Souvent, à la sortie de cette petite salle, les « fouines dévouées », totalement enfouies dans leur imper, avec le chapeau enfoncé sur leurs petits yeux torves, nous demandaient « gentiment » d'où on venait.

    Confident - un être avenant, qui vous écoute (avec compassion) un peu partout, et surtout au comptoir...

    Et là, je suis certaine qu'il ne s'agissait pas de simples « zboczeniec » qui désirait montrer sa pipette aux petites filles, parce que leur impers, contrairement aux « pervers polymorphes », étaient boutonnés jusqu'au cou.

    Parfois lors de célébration de grosses fêtes religieuses, lorsque la foule des fidèles quittait l'église ou partait en procession, ces « mustélidés assidus » photographiaient les participants.

    Je ne pourrai jamais oublier ce « grosso mineto », le Frère K.

    Là, je ne dévoilerai pas son nom car de toute façon tout le monde le connaissait pour ses instincts crapuleux, dignes de la Sainte Inquisition du Moyen-Âge...

    C'était un véritable dévoué odieux, - pas aux dieux : à UN et UNIQUE, précisément...

    Pour un rien, il nous frappait à l'intérieur des mains (rouge - mauve car ça piquait fort !) avec le bord d'une latte, ou sur « l'extérieur » des fesses... Il nous obligeait à rester agenouillés les mains en l'air (rouges), à recopier le cahier entier en une seule journée... (taches d'encre tenaces...). Souvent il nous secouait par les oreilles et pinçait le nez.

    Il nous christianisait avec la perversité et la ténacité dignes d'un bourreau...

    Souvent, mes rhumes à répétitions se transformaient en sinusite plutôt aigue, et, à cause de mes entraînements de natation, ils étaient sécrétés continuellement en un surplus nasal et débordant de mon pif endolori...

    N'étant ni comme maman, ni comme Grace Kelly, je n'avais jamais de mouchoirs...

    Et là, j'avoue, que j'attendais le moment propice pour me débarrasser des deux : de la morve mûre et verdâtre, et de Frère K., immature et noirâtre dans sa tenue miteuse !

    J'étais en retard car il y avait toujours beaucoup de choses à raconter à ma copine Ela la Mécréante, et lorsque je pénétrais dans la petite salle, le moine christianisant me pinçait douloureusement les narines (déjà suintantes et fragilisées) afin de me traîner dans un coin... Je soufflais d'un bon coup (et pas du tout sec) en me jurant de ne plus jamais aller me confesser « par devant » sa vilaine personne.

    Trois fois recopier le cahier de catéchisme ! Dix coups de latte sur chaque main ! A genoux (heureusement pas sur les siens) dans le coin... alors que je rêvais d'une carte rouge - d'une exclusion pure et simple... Déchaîné, va !

    Le lendemain, malgré la présence discrète et rapprochée des « fouines espiantes », postées dans un immeuble en face, mon père avait envoyé le Frère K. aux diables...

    Devant nos yeux é-merrr-veillés... cependant en version inaudible. Dommage !

    Quelques jours plus tard, ce missionnaire à la main lourde était muté dans un pays d'Afrique Centrale.

    Serait-ce dû à l'intervention du Diable ?

    De papa ?

    Ou à celle des « fouines vaguement chrétiennes » ?

    Je ne le saurai jamais...

    Malgré les efforts considérable d'un autre Frère du même Ordre, au nom de Pop, non pas Iggy, - Zyggy, de Zygmunt - j'ai fait une fois pour toute, un schisme net entre l'église, la maison de Dieu, et ses serviteurs zélés.

    Parfois en préférant même ces « fouines zyeutantes »...

     +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

    „Moherowe berety panują nad światem,

    Moherowe berety zaczynają krucjatę..."

    En traduction « rythmée » :

    „Les bérets en mohair règnent sur le mooonde,

    Les bérets en mohair en croisade furibooonde... »

     http://www.youtube.com/watch?v=R-y9_zkqH5A

    - dit la chanson de BIG CYC (Gros Nichon) après l'élection de certains (F) - frères K....

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :