• Pologne: Con-T'es

    CON - T'ES...

    Dans notre quartier il y avait une grande nuée de confidents polyvalents, donc ceux qui écoutaient poliment, qui regardaient d'un bon œil ce qui se passait et qui, ensuite, en déduisaient ce qui leur semblait juste, en faisaient un rapport sur « la moralité et la conscience politique » des habitants.

    La pire espèce s'appelait « kapuś » (dénonciateur).

    Sans doute du verbe italien « capire - capito » - comprendre, ou bien de « kapo » - en allemand : « caporal » - responsable d'un bloc dans un camp de concentration de la deuxième guerre mondiale.

    Les « Kapusie » (au pluriel) habitaient dans le même quartier et sous le prétexte de promener, par exemple, leurs chiens (contre leur gré) à longueur de journée, espionnaient la vie harmonieuse d'autrui. Ils appartenaient à ORMO, un organisme de volontaires auxiliaires de la MO (Milicja Obywatelska - milice des citoyens).

    Tous, y compris les enfants, nous savions parfaitement qui en faisait partie, ce qui permettait de les éviter plutôt adroitement.

    Camarade Siemienik (nom non d'emprunt), un homme de petite taille et de petit cerveau, au physique tout à fait quelconque, ravageait particulièrement son voisinage.

    Il agissait en équipe avec sa maman (âgée de 75 ans) et un vieux caniche pouilleux et au bout du rouleau, Żabka (Grenouille).

    Ce pauvre chien était visiblement épuisé des promenades qu'il devait effectuer toute la journée, de l'aube jusqu'à la nuit.

     « Dans l'immeuble d'en face, un voisin avait un perroquet du Gabon. Un parlant !

    Tous les jours, lorsque notre « kapuś » passait en bas, le perroquet de sa fenêtre ouverte criait :

    - Camarade Siemienik ?!

    - Oui, quoi ?

    - T'es un con !

    Et c'était ainsi le matin, à midi, l'après midi, et le soir.

    Après quelque temps, Camarade Siemienik a rendu visite au propriétaire de l'oiseau pour l'avertir que s'il entendait encore de pareilles insultes, il plumerait sa bestiole et porterait plainte auprès de ses  « hautes instances ».

    Le lendemain, d'un pas assuré, il passa encore une fois devant la fenêtre entrouverte où se tenait le perroquet :

    - Camarade Siemienik ?!

    - Oui... Et alors qu'est-ce que tu me diras cette fois-ci, sac de plumes, hein ?

    - Tu sais très bien quoi... - balbutia le peroquet »

     

    perroquet2

     

     


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