• Pologne:Chair Alimentaire

     "CHAÎR" ALIMENTAIRE


    « Dans un  restaurant chic, d'un quartier très chic de Katowice, hélas peu fréquenté... une hyène s'adresse à l'oreille attentionnée d'un garçon de salle :

    - Hmm... Eh, bien... Veuillez excuser ma question... Hmmm... Je vous demande pardon pour mon haleine, hmmm... - (elle se met à parler à travers  sa manche) - fétiiiide, si on peut dire... Mais auriez vous de la viande, hmmm, comment dire... faisandée... Avariée, en quelque sorte ? - dit la hyène (dissimulant sa gêne).

    - Mais très certainement, chère madame. Ici nous avons de tout...

    - Hygièèèèèène !!! AFSCA- AAAAA !!! »

     (en Pologne : SANEPID - Stacja Sanitarno-Epidomiologiczna)


     

    Dans le classement des produits de luxe - rares et chers, la viande portait le Numéro 17.

     La Silésie en consommait des tonnes car les travailleurs de l'industrie lourde devaient être nourris à leur faim.

    Si non, pas « d'énergisants » ? - une grève, suivie du blocage de la production de charbon pour chauffer le pays entier, ou, pas d'acier, pour l'Irak, en échange de pétrodollars.

    Simple raisonnement du successeur du Camarade Władyslaw G.,  le Camarade Edward G. (pourtant la nichée suivante aurait dû porter lettre « H »...), natif de Katowice, - la nouvelle coqueluche comm, et en pleine ascension sur le piédestal si convoité du régime comm.

    C'était à croire, qu'en ce temps là, la Pologne du centre et du nord, se nourrissait essentiellement de racines et de bulbes quelconques, d'origine végétale, ainsi que de fromages bicolores : blanc et jaune.

    Parallèlement, le sud jubilait en s'empiffrant de chair d'origine animale... Aïe - la santé !

    Les boucheries y étaient remplies de bonne charcuterie, - des saucisses et saucissons en tout genre : cuits à la vapeurs (parówki,  un peu comme les chasseurs), crus, fumés...

    Ils portaient souvent le nom de la région qui les confectionnaient : - „Krakowska" - de Cracovie, „Częstochowska" - de Częstochowa, „Żywiecka" - de Żywiec, etc.

    Il y avait également le „Pasztetowa" - pâté de viande dans un boyau, la „Metka" - de la chair à saucisse crue et légèrement fumée, le délicieux « Krupniok », en silésien - boudin noir aux gruaux, et tant d'autres...

     Mais l'apothéose la plus absolue - c'était le jambon.

    http://www.youtube.com/watch?v=chzw0ydjP0U

     « Un ourson mondialement connu vient dans une boucherie.

    - Anzour, 'sieur. Z'êtes bouffer ?

    - Oui, gamin... Ici c'est une boucherie...

    - Vous vendez du zambon, alors ?

    - C'est exact, entre autres.

    - Et aussi les pieds de coffon ?

    - Bien sûrrrrhhhh !

    Et clac, le boucher reçoit une baffe sur sa joue gauche ! Et clac, une deuxième baffe sur sa joue droite ! Et un coup de poing en plein pif...

    Et encore, et encore...

    - ???????!!!!!!!!!! Mais ?! Mais ?! 

    - Et fa, Falopard immonde, f'est de la part de mon Porfinet !"

    Prosiaczek, en polonais.

     

    Jambon cru ou fumé, parfois bouilli, en vue de la récupération de son bouillon pour la préparation du Barszcz - la soupe aux betteraves rouges - acidulée ou non, le Żurek - à la farine de seigle fermentée, le KAPUŚNIAK - de « kapusta », au chou fermenté ou pas (choucroute ou chou tout court), ou, le Krupnik (infiniment infâme) - aux légumes et gruaux en abondance, glandant et emmêlés ensemble,  d'une consistance permettant de faire tenir une cuillère à la verticale et avec un angle droit, de 90°.

    Le jambon apparaissait deux fois dans « mon » année : à Noël et à Pâques... et parfois, « à l'angine »... Pour récupérer.

    Ou bien, lors d'une grande fête familiale.

    Mais alors très grande et assez importante pour qu'on pût en voir ses « quantités - traces » présentées sur la table...

    Les esses (comme sssa ssse prononsssse) de bouchers pendaient, lourdement chargés de produits viandeux. 

    Les habitants de notre quartier, choyés, voire adulés, par les bouchers (d'état) n'avaient que l'embarras du choix.

    Pour la charcuterie (pas trop, car c'était gras), maman allait à Koszutka (près de l'église), et pour la viande, dans un petit magasin du quartier, au débit exceptionnellement élevé (faut dire qu'il y avait 5 000 habitants).

    Le seul problème, c'est que l'origine de cette viande ainsi que sa fraîcheur échappait à tout le monde...

    Parfois, elle venait de très loin, et dans un soucis de conservation, elle était surgelée, congelée et puis dégelée - recongelée et ainsi de suite... et transportée de son point « A » au point « B » (brgh ! Les problèmes matheux...),  et elle ne respectait plus alors, les conditions adéquates et exigées pour une chair « bien élevée ».

    Les streptocoques dorés, ou pas, les staphylocoques et autres gonocoques locaux, y pullulaient en viles hordes, en s'y pavanant en toute impunité...

    En plus, chaque portion de viande était, - à l'ouverture du magasin,-  maladroitement emballée dans un grossier papier « Kraft » - pour, loin de l'heure de la fermeture, céder sa place à la « Trybuna Robotnicza » (Tribune des Ouvriers), « Wieczór » (Le Soir) ou « Trybuna Ludu » (Tribune du Peuple) - les trois plus importants quotidiens de Katowice,  par ailleurs facilement substituables en cas de pénurie (interruptions durables du stock, très fréquentes) de papier WC.

    Remarque : Les Polonais habitant en ville ne consommaient plus de viande chevaline - depuis que le Cheval avait courageusement défendu la Pologne lors de l'invasion allemande en septembre 1939,  ni de viande « lapine », - depuis l'apparition de Buggs Bunny, ni de viande de biche, - depuis le « Bambi » de Disney.

    Le choix viandeux, se limitait donc aux autres bêtes.

    Cependant, dans certaines régions (Cracovie), il existait la « kiełbasa domowa », la « piratesque » saucisse « maison », dont la chair provenait de la « nutria » - le ragondin...

    Délicieuse, par ailleurs, mais absolument interdite sur le marché.    

    Les inspecteurs et autres préposés à l'hygiène et à la préservation de la chaîne-chair alimentaire ( ? J'ai dis chaîne alimentaire ? Quelle chaîne : de vélo, de télévision ?) travaillant au sein de SANEPID,  étaient complètement déboussolés, et ne savaient plus où mettre ni la tête, et pis encore, ni leurs thermomètres.  

    De toute façon, aucun magasin n'avait le droit de tomber (bam, bam, bam !) en faillite, puisque le marché comm ne connaissait pas (et ne concevait pas) ce mot dans le glossaire de l'économie polonaise !

    Les autorités, se contentaient, alors, de punir tout « vendeur- souillon » potentiel, en le mutant dans un magasin tout à fait différent, comme par exemple, dans un magasin de lingerie, ou une quincaillerie, ou dans une « godasserie », éloignée (« aux diables ») de son domicile où il était sensé croupir, dans la solitude la plus totale, jusqu'à sa retraite, comme Dubček dans son parc de Prague... 

    J'ai, alors enfin, compris, pourquoi certains faisaient la prière juste avant chaque repas : il priaient pour que Dieu les protège de cette « culture »,  surdéveloppée et menaçante (plus encore que la Chine) de ces staphylos, streptos (même dorés) et autres gonos...  

     


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